Près de Nantes, le projet de plate-forme logistique géante d’Amazon abandonné

Une femme opposée à l’installation d’Amazon à Montbert, près de Nantes, brandit une pancarte, le 29 mai.

Adieu ogre américain, bienvenue aux entreprises régionales et nationales. Amazon, géant du commerce en ligne, ne débarquera pas avec ses montagnes de colis à Montbert, commune de 3 100 habitants située au sud de Nantes (Loire-Atlantique). Johann Boblin, président (Les Républicains) de la communauté de communes de Grand-Lieu, collectivité propriétaire du foncier, a décidé, lundi 25 octobre, de mettre un coup d’arrêt au projet d’implantation de l’entreprise sur le site d’anciennes friches hospitalières.

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Un permis de construire dévoilé en mars 2020 visait la création d’une plate-forme logistique de 185 000 mètres carrés et laissait espérer la création d’un millier d’emplois au bas mot. L’arrivée de la société du milliardaire Jeff Bezos – « synonyme d’évasion fiscale, de sous-traitance et de précarité » aux yeux du collectif Stop Amazon 44 – a rapidement fédéré l’opposition de riverains, d’associations et de syndicats, soutenus par la gauche et les écologistes. L’installation d’une zone à défendre (ZAD) était redoutée par les autorités.

Un collectif de riverains a engagé – grâce au soutien des Amis de la Terre – un recours contestant le permis d’aménager modificatif de la zone d’activité. Le dossier se trouvait depuis « englué » dans des contraintes techniques et juridiques, selon M. Boblin, également conseiller régional. « Au mieux, le centre logistique n’aurait pu sortir de terre qu’à partir de 2025 », énonce l’élu LR, soit une date « très éloignée » du projet initial, rendant fragile l’opération « pour l’ensemble des acteurs ».

Les élus misent dorénavant sur l’arrivée d’industriels « engagés dans un profond mouvement de relocalisation » et expliquent « préférer la création rapide d’emplois à une perspective devenue de plus en plus hypothétique avec Amazon ».

« Un non-sens économique et environnemental »

De « grands projets d’implantation » sont à l’étude, affirme M. Boblin, qui espère voir la commercialisation du parc achevée d’ici à trois ans, avec un millier d’emplois à la clé.

Membre du collectif ayant engagé le contentieux, Jean-Baptiste Meugniot salue « une décision sage qui tient compte de l’évolution du tissu économique local et de l’opposition en place ». Lucie Etonno et Matthieu Orphelin, élus écologistes régionaux, se félicitent d’une « victoire » pour le territoire et l’emploi local, assurant : « L’implantation de cet entrepôt XXL, l’un des plus grands de France, était un non-sens économique et environnemental. »

Christelle Morançais, présidente (LR) des Pays de la Loire, « reste favorable à l’installation d’Amazon » sur la région afin de ne pas perdre « une belle opportunité en termes d’emplois ». Rallié à la majorité présidentielle, le député de Loire-Atlantique François de Rugy, également élu régional, est sur la même longueur d’onde et s’inquiète de voir la Loire-Atlantique « touchée par le syndrome des enfants gâtés » du fait de la contestation de nombreux projets sur le territoire. Contacté, Amazon n’a pas répondu à nos sollicitations.