Présidentielle 2022 : « Chez Emmanuel Macron, la préservation de l’unité a pris le pas sur l’audace du changement »

Sauf accident, Emmanuel Macron sera candidat à sa réélection. Tout l’y incite : le niveau de son socle électoral, beaucoup moins entamé que celui de ses prédécesseurs, autant que la difficulté à s’imposer qu’éprouvent ceux qui prétendent déjouer son match contre Marine Le Pen.

Quatre ans après la pulvérisation des Républicains (LR) et du Parti socialiste (PS), les deux formations tiennent encore debout, mais chaque semaine qui passe les fait ressembler un peu plus à un tigre de papier ; eux qui ont longtemps symbolisé l’alternance n’ont plus la force de réguler la compétition qui agite leur camp respectif. A LR, le patron du parti Christian Jacob récuse la primaire. Au PS, le premier secrétaire Olivier Faure l’enterre en la transformant en un vote militant autour d’une favorite aux pieds d’argile, Anne Hidalgo.

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Il y a aujourd’hui autant de divisions à gauche qu’à droite qui ne tiennent pas seulement à un choc d’ego mais s’expliquent, plus fondamentalement, par l’incapacité d’agréger des sensibilités qui avaient su naguère faire cause commune pour pouvoir gouverner.

Course à la radicalité

L’espace du centre gauche et du centre droit ayant été préempté par Emmanuel Macron, une course à la radicalité s’opère, qui déstabilise un peu plus les partis dits de gouvernement.

A droite, LR s’inquiète d’une possible entrée en lice d’Eric Zemmour, tandis qu’à gauche Jean-Luc Mélenchon continue, en dépit d’une image écornée, à devancer dans les sondages les autres prétendants. La profonde déstructuration du paysage politique qui avait favorisé, en 2017, l’élection d’Emmanuel Macron reste à l’œuvre.

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Une troisième raison pousse le chef de l’Etat à se représenter. Dans l’histoire de la VRépublique coexistent deux types de présidents : ceux qui n’ont fait qu’un seul mandat et ceux qui ont réussi à se faire réélire. Les premiers ont souvent agi vite et fort dès leur entrée en fonctions mais ils n’ont été que de passage. Les seconds, à force de résilience, ont fini par faire corps avec le pays, à épouser ses transformations, au prix d’une réinvention parfois surprenante. C’est toute la différence entre un Valéry Giscard d’Estaing et un Jacques Chirac. Le premier a fait feu de tout bois au début de son septennat sans pour autant parvenir à imposer le « libéralisme avancé » qu’il croyait nécessaire au pays. Le second, au terme d’un parcours idéologique et politique particulièrement mouvementé, a fini en réconciliateur d’une nation fracturée.

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