« Présidents », « Midnight Traveler », « My Zoé »… notre sélection cinéma

LA LISTE DE LA MATINALE

En attendant l’arrivée des gros films américains, l’augmentation de la jauge des salles enrichit une offre cinématographique d’une grande variété de genres et d’origines. Deux anciens présidents de la République française, un exilé afghan, un vigile brésilien, une mère endeuillée, un paysan bulgare et deux plongeurs horrifiés se partagent la semaine.

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« Présidents » : Nicolas et François repartent en campagne

Dans Présidents, ils sont deux. Le premier, Nicolas (Jean Dujardin), ancien président de la République battu aux dernières élections par un certain François (Grégory Gadebois), s’ennuie ferme dans son appartement du 16e arrondissement de Paris. L’homme a beau passer l’aspirateur et sortir son ratier de Prague plusieurs fois par jour, la dépression le guette. Le deuxième, François, après un premier mandat à la tête de l’Etat, ne s’est pas présenté pour un second quinquennat. Il a choisi de se retirer en Corrèze, dans une petite bergerie où il coule des jours heureux. Sa compagne (Pascale Arbillot), vétérinaire, n’est pas étrangère à ce bonheur retrouvé.

Pendant ce temps, une autre campagne, présidentielle celle-là, bat son plein. En tête des sondages : Marine, candidate du Front national. L’occasion est trop belle pour Nicolas, qui trouve là argument à se relancer. Il ne peut cependant gagner seul et se met en tête d’aller convaincre François de faire équipe avec lui pour combattre la candidate.

Souhaitons que les records d’abstention enregistrés, en France, lors des dernières élections régionales ne s’appliquent pas au nouveau film d’Anne Fontaine. Si tel était le cas, les spectateurs se priveraient d’un moment de pur plaisir et de francs éclats de rire – occasions rarement offertes en ces temps de pandémie et de désillusions. Véronique Cauhapé

« Présidents », film français d’Anne Fontaine. Avec Jean Dujardin, Grégory Gadebois, Doria Tillier, Pascale Arbillot (1 h 40).

« Midnight Traveler » : le journal d’un condamné

Il est rare qu’un cinéaste, serait-il placé dans les conditions de tournage les plus singulières, ne cède au montage, par surmoi professionnel, pour rétablir les nécessités dramaturgiques du récit. Il n’en est rien ici.

Menacé de mort par les talibans, jeté sur les routes de l’exil avec sa famille, bringuebalé de courses clandestines dans les bois en camps de transit, frappant aux portes de l’Europe durant trois ans, le réalisateur afghan Hassan Fazili en a tiré un film d’une grande vérité.

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