Priti Patel, la « dame de fer » de Boris Johnson

Priti Patel, à la Chambre des communes, en 2020.

« En tant que ministre de l’intérieur, j’ai une responsabilité particulière à ce moment crucial de notre histoire nationale et alors qu’il s’agit de reprendre le contrôle [le fameux ­slogan des brexiteurs]. Nous allons mettre fin une fois pour toutes à la libre circulation des ­personnes ! » Ce 1er octobre 2019, à la grand-messe annuelle du Parti conservateur britannique, Priti Patel marque une pause. Depuis la tribune, elle savoure les applaudissements face à une audience de militants tories acquis à sa cause. Les adversaires de la très droitière ministre de l’intérieur britannique ne sont pas près d’oublier le sourire carnassier et triomphant qu’elle arborait ce jour-là.

Pièce maîtresse du gouvernement Johnson, Priti Patel, 49 ans, brexiteuse acharnée flirtant régulièrement avec des thèses dignes de l’extrême droite, est la bête noire des nostalgiques de l’Union européenne, de la gauche et des libéraux démocrates britanniques en général. La députée de Witham (dans le sud de l’Angleterre) ne s’est-elle pas prononcée au début de sa carrière politique, dans les années 2010, en faveur de la peine de mort comme « outil de dissuasion » ?

Habituée des polémiques

Visage fin mais ton mordant, cette habituée des polémiques n’a pas non plus hésité, ces derniers mois, à s’en prendre aux « avocats activistes » défendant les droits des migrants, à l’action « absolument honteuse » des manifestants Black Lives Matter qui, en juin 2020, ont lancé dans le port de Bristol la statue de l’esclavagiste Edward Colston, aux « croisés de l’écologie » du mouvement Extinction Rebellion « qui ont viré criminels » et même aux footballeurs de l’équipe d’Angleterre posant un genou à terre contre la xénophobie – des « gesticulations politiques », a estimé la ministre.

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Priti Patel est aussi celle qui a mis en œuvre le settled status pour les citoyens européens résidant au Royaume-Uni, refusant de prolonger au-delà du 1er juillet la date butoir pour réclamer ce droit de séjour long. La ministre vient enfin de déclencher une nouvelle vague d’indignation avec le Nationality and Borders Bill, un projet de loi rendu public mardi 6 juillet, ­criminalisant les traversées de la Manche. Les migrants qui s’y risquent sans autorisation pourraient encourir des peines de prison. Sur le modèle du Danemark, le gouvernement envisage aussi d’exiler ses demandeurs d’asile dans un autre pays étranger. Une politique dénoncée par les associations d’aide aux migrants.

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