Prix des carburants : l’exécutif réfléchit à une baisse de la fiscalité

Une station-service, à Paris, le 2 octobre 2021.

L’inflation, c’est un peu comme le tonneau des Danaïdes, qui se vide à mesure qu’on le remplit. A six mois du scrutin présidentiel, le gouvernement se trouve confronté au sujet du pouvoir d’achat pour la troisième fois en quelques semaines. Ce thème glissant a été remis au centre du débat politique par la vigueur de la reprise économique mondiale en sortie d’épidémie de Covid-19, qui a fait flamber les prix de plusieurs matières premières, dont ceux de l’énergie, fragilisant les ménages modestes, alors que les salaires ne suivent pas la même évolution.

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Après avoir proposé, en septembre, une mesure d’aide au paiement des factures de chauffage avec une revalorisation de 100 euros du chèque énergie, puis un « bouclier tarifaire » pour contrer l’envolée des factures de gaz et d’électricité, c’est la hausse des prix à la pompe qui est devenue la nouvelle épine dans le pied d’Emmanuel Macron. A l’approche des élections, le chef de l’Etat tente en effet de vendre son bilan économique, en particulier en matière de pouvoir d’achat, et ne veut surtout pas risquer la résurgence d’une colère sociale du type des « gilets jaunes », qui avait été déclenchée en 2018 par la hausse des taxes pesant sur les automobilistes. « Il y aura une action de court terme, d’accompagnement des ménages », a promis M. Macron, vendredi 15 octobre.

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Voilà pourquoi l’exécutif devrait annoncer un dispositif « simple, juste et efficace » pour aider les Français face à la hausse des prix des carburants, a réaffirmé, mardi 19 octobre sur RTL, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Il a précisé que « les derniers arbitrages [étaient] en cours » et évoqué une décision « d’ici la fin de la semaine ». « Toutes les pistes sont sur la table », a-t-il assuré, en mentionnant « la question des taxes » et celle d’« un chèque, d’une aide spécifique pour les personnes qui utilisent leur voiture et qui subissent cette augmentation », qui « risque de durer plusieurs mois ». Le premier ministre, Jean Castex, pourrait en annoncer les contours, dès mercredi 20 octobre au soir, lors d’une intervention télévisée.

Les situations des automobilistes sont multiples

Les réunions d’arbitrage se sont poursuivies ces derniers jours, et Emmanuel Macron et Jean Castex devraient en parler lors de leur déjeuner hebdomadaire, mercredi. L’exécutif assure que les deux options restent à l’étude, mais l’option d’une baisse temporaire de la fiscalité sur les carburants, d’abord écartée, semble finalement tenir la corde. Cette solution aurait l’avantage d’être facile à mettre en œuvre et d’entrer en vigueur immédiatement – dès 2021 –, tandis qu’une « prime carburant », l’autre option évoquée, implique de pouvoir cibler les ménages susceptibles d’être pénalisés par la hausse des prix à la pompe, ce qui s’avère très complexe. Le gouvernement ne dispose pas, « comme pour le chèque énergie, d’une base de données des gens qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler », a expliqué la ministre de la transition énergétique, Barbara Pompili.

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