Procès des attentats du 13-Novembre : Arthur Dénouveaux refuse d’être « une victime à vie »

Arthur Dénouveaux (ici à Saint-Cloud, le 5 septembre) est directeur des études et de l’innovation du groupe mutualiste MMA.

Arthur Dénouveaux, président de l’association de victimes des attentats du 13 novembre Life for Paris depuis 2017, n’a jamais beaucoup fait parler de lui. Pas de portrait dans la presse, à quelques exceptions près, ces derniers jours à l’occasion de l’ouverture du procès des attentats. Jusqu’alors, s’il enchaînait les interviews, c’était pour évoquer l’association, qui compte 800 membres, et ses combats. Ou pour dénoncer, au cœur de l’été, l’instrumentalisation des victimes, orchestrée par Génération Z, les soutiens d’Eric Zemmour.

Mais, de lui, on ne savait pas grand-chose, tout juste que le 13 novembre 2015, au Bataclan, ce guitariste amateur fou de concerts avait aidé les musiciens d’Eagles of Death Metal à sortir et les avait jetés dans un taxi avec un billet de 50 euros… L’entrepreneur de 35 ans, polytechnicien, attire depuis plusieurs années l’attention du monde politique, à qui il n’a pourtant jamais donné le moindre espoir.

Dernière partie civile à témoigner

Mais les choses pourraient changer. Le procès, qui durera plus de huit mois, se clôturera en mai 2022, en même temps que l’élection présidentielle. Et Arthur Dénouveaux l’a déjà annoncé au conseil d’administration de Life for Paris : « Dès le procès terminé, nous nous mettrons en ordre de bataille pour dissoudre l’association. » Quant à son propre destin, le jeune directeur des études et innovation du groupe mutualiste MMA (groupe Covea) laisse ouvertes toutes les hypothèses sur son avenir : « J’aimerais avoir un nouvel engagement citoyen sur les sujets que je maîtrise. Je ne vais pas être une victime à vie. » Traduction : le père de famille se verrait bien piloter pour l’Etat un rapport ou une commission sur les thèmes qui l’animent.

En attendant, le président de Life for Paris se prépare à passer des semaines éprouvantes. « Je me pensais beaucoup plus stable que je ne le suis… », avoue-t-il dans un café du quartier Saint-Lazare, entre deux rendez-vous. Le rescapé fait encore des cauchemars, se souvient de sa fuite, ce soir-là, au cours de laquelle il a dû enjamber des corps. Il sera la dernière partie civile à témoigner à la barre, le 27 octobre. Une place symbolique, où, pour la dernière fois peut-être, il parlera au nom des autres, des victimes qui ne sont pas venues ou n’ont pas souhaité témoigner, mais dont il sait les tourments.

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Arthur Dénouveaux connaît bien les journalistes, les avocats, mais aussi les juges d’instruction et les magistrats qui siégeront lors du procès. En 2019 et en 2020, il est intervenu à l’Ecole nationale de la magistrature, sur les attentes des parties civiles. Ces derniers mois, il a eu des désaccords publics sur les modalités du procès avec Jean Reinhart, avocat de l’association 13onze15 Fraternité-Vérité et parent d’une victime décédée.

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