Protection animale : en Alaska, Otis, à nouveau champion poids lourds des ours bruns

L’ours Otis, gagnant de la Fat Bear Week 2021 en Alaska, ici en septembre pêchant du saumon.

C’est encore Otis qui a gagné ! Avec 453 kilos sous une tignasse revêche, le plantigrade a une nouvelle fois remporté la Fat Bear Week, le concours de l’ours le plus gras d’Alaska. A 25 ans, Otis a écrasé pour la quatrième fois la concurrence, soit Walker, le jeunot qui manque de niaque, et même 747, le tenant du titre, qui tire son nom de sa forme de Boeing.

Un come-back étonnant : à la fin de l’hiver dernier, Otis avait deux dents en moins et rien que la peau sur le dos. A force de s’empiffrer de saumons entiers (40 quotidiennement) au bord de la Brooks River, le champion a regagné 2 kilos par jour depuis juin. Une douce hibernation l’attend. Oubliez la fashion week.

Environ 2 000 specimens

La Fat Bear Week, qui s’est achevée le 5 octobre, a été lancée en 2014 par le parc national de Katmai, en Alaska, zone volcanique fréquentée par les ours bruns, les saumons qui remontent de la baie de Bristol, et les touristes qui aiment se poster sur les berges pour admirer les premiers gober les seconds. Le concours se déroule en ligne.

Le public choisit son mastodonte préféré selon les critères de son choix. A défaut d’être sur place à Brook Falls – le nombre de visiteurs est limité à 15 000 par été – il a, à sa disposition, des heures de vidéo live tournées par les « bear cam » de l’ONG de défense de la nature Explore. Les caméras sont postées au bord de la cascade qui fait office de garde-manger. Elles sont activées chaque jour pendant les éliminatoires. Certains électeurs votent selon leur cœur.

Les participants au Fat Bear Week 2021

« Otis is my man », explique un supporteur, qui loue sa manière minimaliste d’avoir l’air de faire la sieste tout en saisissant le poisson. Les amateurs font campagne pour leur champion à coups de fan art sur les réseaux sociaux. « Votez Holly ! » (l’une des rares femelles du club). « Elle va casser le plafond de verre rien qu’en marchant dessus. » D’autres développent plutôt une approche scientifique.

Le spécialiste en SIG (Système d’information géographique) Joel Cusick a mis au point une technique qui emprunte aux meilleures sources de l’ingénierie des voitures autonomes : le liDAR, ou télédétection par laser, qui permet de mesurer les objets à distance en émettant un faisceau de lumière renvoyé vers son point d’émission.

« J’ai essayé, et quand j’ai eu un retour de l’arrière-train d’Otis, je me suis dit : “Waouh, ça pourrait peut-être marcher” », a expliqué au magazine High Country News le scientifique après s’être posté sur les berges de la Brooks River. La technique pourrait faire école. Généralement, les ours sont pesés au printemps, quand ils sont faméliques. Il n’en faut pas moins un hélicoptère, un système de poulie et une piqûre de tranquillisant.

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