Prudence ou le goût du risque de la chanteuse Olivia Merilahti

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Publié aujourd’hui à 16h17

La chanteuse Olivia Merilahti, le 24 juin à Paris.

Le confort aurait sans doute été, pour Olivia Merilahti, de prolonger l’expérience The Dø. Le duo qu’elle formait avec Dan Levy n’avait-il pas produit trois exaltants albums – A Mouthful (2008), Both Ways Open Jaws (2011), Shake, Shook, Shaken (2014) ? A contre-pied de son nouveau pseudonyme – Prudence –, la chanteuse franco-finlandaise a préféré prendre le risque de se réinventer en solo, avec un premier opus, Beginnings, habité par des mélodies à fleur de peau, dont le design synthétique affiche autant de détermination que de fragilité.

Consciente de se mettre en danger, Olivia Merilahti n’imaginait pourtant pas qu’un virus viendrait compliquer à ce point ses « débuts ». Terminé quelques semaines avant le premier confinement, l’album verra sa sortie reportée par deux fois (en novembre 2020, puis en mai 2021), avant d’être finalement publié en juin. « Il y a eu des moments de désespoir, mais les retrouvailles se sont passées comme une fête », reconnaît la chanteuse, de retour à Paris, ce 24 juin, au lendemain d’un concert libérateur au Printemps de Bourges, sa première scène depuis l’ultime show que The Dø avait donné à l’Olympia, le 20 décembre 2015.

« Heureusement, le sisu m’a permis d’avancer. » Si les Français ont souvent parlé d’une nécessaire « résilience » face à la pandémie, cette fille d’un Parisien et d’une Finlandaise préfère se référer à ce mot finnois (prononcé « sissou ») censé caractériser l’impassibilité et la persévérance des compatriotes de sa mère face à l’adversité. Une endurance éprouvée face aux interminables hivers comme face aux envahissants voisins russes.

Libérée des béquilles de son Pygmalion

Née à Paris, en 1982, la brune nouvellement peroxydée a toujours chéri sa double culture. Au point de partir, après son bac, entreprendre des études de musique pop et jazz au conservatoire d’Helsinki. Après avoir été formée, enfant, au violoncelle et au piano classique, la guitare lui avait permis d’écrire ses premières chansons, avant qu’elle s’essaie au chant dans ses premiers groupes rock dès l’âge de 14 ans.

« J’avais besoin de trouver une alter ego qui me permette de fantasmer sur une autre histoire que celle d’Olivia. J’avais vraiment besoin de rêver, de m’évader de ce terre à terre quotidien où je passais mon temps à pouponner. »

De retour de Finlande, après une halte à Nottingham qui lui avait permis de parfaire son chant anglophone, Olivia fait des étincelles avec Dan Levy, peu de temps après leur première rencontre, en 2004. « Tout m’inspire chez cette fille », confiait à l’époque ce multi-instrumentiste, compositeur de musiques de films. « Dan a cru en moi tellement fort qu’il a vaincu ma timidité et m’a poussée sur le devant de la scène », reconnaît aujourd’hui la chanteuse, révélée par la fluidité acide d’On my Shoulders, leur premier tube commun.

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