Publicité en ligne : pour Google, un nouveau front s’ouvre à Bruxelles

Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, le 9 juin à Bruxelles.

Google fait de nouveau l’objet d’une enquête formelle de la Commission européenne : cette fois-ci, c’est dans le domaine de la publicité en ligne que le géant américain est soupçonné d’avoir des « pratiques anticoncurrentielles ». Il aurait pu « favoriser ses propres services de technologies d’affichage publicitaire en ligne (…), au détriment de prestataires de services de technologie publicitaire, d’annonceurs et d’éditeurs en ligne concurrents », écrit l’institution dans un communiqué, mardi 22 juin.

« Google collecte des données qui seront utilisées en vue d’une publicité ciblée, vend des espaces publicitaires et fournit des services intermédiaires de publicité en ligne. Il est donc présent à presque tous les niveaux de la chaîne de fourniture en ce qui concerne l’affichage publicitaire en ligne. Nous craignons que Google n’ait rendu l’exercice d’une concurrence sur l’“ad tech stack” plus difficile pour les services de publicité en ligne concurrents », a expliqué la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager.

Outre l’accusation de favoritisme entre ses services de gestion des publicités pour les éditeurs de site et ses plates-formes d’achat des publicités pour les annonceurs, Google se voit reprocher sa gestion de YouTube : la Commission note qu’il faut utiliser des outils Google pour pouvoir diffuser des annonces sur sa plate-forme de vidéos.

Traçage publicitaire

Les services de Mme Vestager vont également se pencher sur les changements récents faits par Google sur le traçage publicitaire : la restriction d’accès aux identifiants publicitaires d’un utilisateur pour les entreprises extérieures et aussi le remplacement des cookies tiers, qui permettaient aux éditeurs de suivre la navigation d’un internaute par de nouveaux outils baptisés « privacy sandbox ». Comme dans le cas d’Apple, les régulateurs et certains concurrents soupçonnent Google d’utiliser le respect de la vie privée comme levier pour renforcer sa position dominante.

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« Des milliers d’entreprises européennes utilisent nos produits publicitaires afin d’atteindre de nouveaux clients et financer leurs sites Web chaque jour. Ils les choisissent parce qu’ils sont compétitifs et efficaces, a réagi un porte-parole de Google. Nous continuerons à échanger de manière constructive avec la Commission européenne, afin de répondre à ses interrogations et démontrer les avantages que nos produits fournissent aux entreprises et aux consommateurs européens. »

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