Quai de Tournelle, à Paris, l’art de vivre selon Merci

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Publié aujourd’hui à 19h00

La façade néoclassique de l’immeuble où siège la Seconde résidence, dans le 5e arrondissement de Paris, regarde vers l’île Saint-Louis. En traversant le pont de la Tournelle, il faut vingt-quatre minutes à pied, d’après Google Maps, pour rejoindre le concept store que même les New-Yorkais nous envient : Merci, imaginé en 2009 par les créateurs de la marque Bonpoint, Marie-France et Bernard Cohen, et installé dans le haut Marais. Un lieu pluriel, accueillant et chaleureux, conçu comme une grande maison se déployant sur les trois niveaux d’un ancien atelier de 1 500 mètres carrés.

Depuis 2013, la famille Gerbi, qui a fondé la marque Gérard Darel, détient les clés du grand loft, et Arthur Gerbi, le fils, perpétue et fait évoluer la démarche singulière des pionniers. En 2019, désireux d’incarner de manière plus tangible l’art de vivre selon Merci, l’entrepreneur crée le Pied-à-terre dans un appartement bourgeois avec moulures, boiseries et fresques romantiques du XIXe siècle situé à deux pas de son temple du lifestyle. Un immeuble de 1770, rive gauche cette fois, abrite aujourd’hui la deuxième adresse témoin du savoir-faire Merci. « Ce sont des exercices de style qui nous permettent de mieux définir ce qu’est l’esprit Merci », explique le jeune PDG.

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Un lieu d’échanges et d’expérimentations

A l’instar du Pied-à-terre, la Seconde résidence vivra d’échanges, de transmission, d’expérimentations, s’ouvrira aux écoles et, comme on inviterait des amis de longue date, aux collaborateurs, aux fournisseurs, aux clients fidèles… Un lieu pour réaliser des tests produit, organiser des séances photo, produire du contenu pour nourrir site Internet et réseaux sociaux. L’enseigne va commercialiser une sélection d’objets et de mobilier mis en scène ici : un guéridon en acier, des étagères, un bureau et une petite table en plastique recyclé Le Pavé, et, plus tard, la gamme de peintures développées tout spécialement pour ce lieu.

Le salon de l’appartement Merci, situé quai de la Tournelle, à Paris, le 13 septembre. Fauteuil de Cees Braakman FM06 Pastoe Vintage, Photographie au sol de Stéphane Gladieu de la School Gallery, Peinture Murale de Sophie Glasser.

« En interne, poursuit Arthur Gerbi, ce travail de recherche est extrêmement enrichissant et motivant. Il permet aux équipes d’explorer des pistes, de rencontrer d’autres talents. Ici, nous avons rajouté de l’émotion avec le travail d’artisans et d’artistes in situ. Mais nous voulons aussi dire que ce n’est pas grave de placer un éléphant rapporté de Thaïlande à côté d’un objet design. Nous aimons ces “stratifications de la vie”, comme les appelle Daniel Rozensztroch… »

Une vue de la salle de bains.

Daniel Rozensztroch, le directeur artistique historique de Merci, a signé l’aménagement du Pied-à-terre et formé Jules Mesny-Deschamps, qui a piloté le nouveau chantier. L’architecte d’intérieur et designer a commencé par renverser le plan de l’appartement du quai de la Tournelle. « Au XVIIe, les usages n’étaient pas les mêmes. Or, chez Merci, nous sommes attachés aux usages. Alors qu’en 1770 on cachait la cuisine, en 2021 elle est plus que jamais le cœur du foyer, constate-t-il. Après un inventaire du patrimoine existant, nous avons conservé ce qui pouvait l’être, en prenant le parti d’assumer les interventions et de restaurer en faisant appel à des artisans, artistes ou designers. Notre patrimoine vivant ! »

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