Quand le diplôme ne suffit plus, l’importance capitale des « soft skills »

Des étudiants de la la coopérative étudiante de Paris-VIII, Coop en 8, en juin 2021.

Monter un projet associatif, le présenter, trouver des financements, travailler en équipe… Depuis quelques semaines, Belmine Houngnon découvre un nouvel univers. Cette timide étudiante en master de sciences de l’éducation à l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, développe, avec deux camarades, un service de réparation et d’autoformation informatique pour les étudiants de son université. Gratuit, il sera financé par des partenaires et devrait être lancé à la rentrée.

Ce projet, Belmine Houngnon le crée dans le cadre de Coop en 8, une jeune coopérative gérée par des étudiants et encadrée par deux salariées de son université. A la manière des « juniors entreprises », qui prospèrent dans les écoles de commerce et d’ingénieurs, Coop en 8 lance des initiatives ou réalise des missions pour le compte d’institutions dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Les étudiants y consacrent trois jours par semaine, et valident le tout comme un stage.

« Davantage confiance en moi »

Et l’expérience le vaut bien. Communication, autonomie, gestion de projets, prise de parole en public, gestion des conflits… Belmine explique qu’elle apprend « plein de choses » grâce à la coopérative, hébergée dans les locaux du service d’insertion professionnelle de Paris-VIII. « Les étudiants sont aussi incités à s’autoformer entre eux. Cet aspect est très nouveau et utile pour les élèves », affirme la docteure en sciences politiques Elodie Ros, qui a consacré un article de recherche à cette coopérative étudiante. Belmine, qui travaille en plus de ses études dans la restauration rapide, ajoute : « J’ai davantage confiance en moi, mais j’ai aussi gagné confiance dans la possibilité de travailler en groupe. »

Autant de « soft skills » que cette étudiante béninoise pourra faire figurer sur un CV, et qui sont très appréciées des recruteurs. C’est ce que démontre une étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), parue début juin, qui porte sur le rôle de ces compétences transversales (l’autonomie, l’estime de soi, la prise de risque, la communication…) dans les trajectoires des jeunes.

Chronique du professeur à l’EM Lyon Pierre-Yves Gomez : Que cache l’engouement pour les « soft skills » ?

Dans le cadre d’un test, 105 recruteurs ont été invités à noter des CV entre 0 et 100 de jeunes diplômés, profils bac + 5. Résultat : lorsque la capacité à travailler en équipe est mise en avant dans le CV, les recruteurs accordent en moyenne onze points supplémentaires au jeune, quel que soit le parcours. Il s’agit de la variable ayant le plus de poids, qui pèse plus lourd que le type de diplôme obtenu (master universitaire ou de grande école).

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