« Quel monde d’après pour le périscolaire ? »

Tribune. Temps essentiel du quotidien de près de 3 millions d’enfants et du soutien à la parentalité, le temps périscolaire reste pourtant dans l’angle mort des débats nationaux sur les politiques éducatives et leurs moyens, malgré les efforts de nombreuses communes. Tribunes, articles, témoignages : depuis 2013, les directrices et directeurs d’école et les enseignantes et enseignants, parents d’élèves, mairies et associations alertent sur le manque de reconnaissance et les difficultés rencontrées par les animatrices et les animateurs. Mais le grand plan national pour le périscolaire est toujours attendu.

Lire l’archive (2017) : Les activités périscolaires, sacrifiées par le retour aux quatre jours d’école

De quoi parle-t-on ? Complémentaire au temps scolaire, le temps d’accueil périscolaire (TAP) constitue un temps éducatif à part entière, couvrant le matin, le midi et le soir, pouvant aller jusqu’à six heures par jour dans la journée de l’enfant. Agés de 2 ans à 11 ans, les enfants y passent un temps de détente et y acquièrent, grâce à des activités individuelles et collectives, des compétences utiles pour leur scolarité et le vivre-ensemble. Le TAP contribue à renforcer et à diversifier leurs apprentissages, à leur faire découvrir le monde et l’environnement différemment, à créer une passerelle entre le temps de la classe et le retour au foyer.

Tisseuses et tisseurs de lien social, souvent passeurs entre le monde des enfants et celui des parents et des enseignants, ces professionnels du périscolaire (animatrices, animateurs, Atsem, agents d’entretien) représentent un maillon essentiel de la chaîne éducative, qui a notamment permis de maintenir l’accueil des enfants et le soutien aux parents durant la crise sanitaire.

Valeurs de service public

Pourtant, ce service est menacé par le manque de reconnaissance, la précarité permanente de l’emploi dans le secteur, l’insuffisance de moyens pour les formations des animatrices et des animateurs, entraînant un manque d’attrait pour ce domaine pourtant essentiel pour les enfants et leurs parents. Et la crise sanitaire n’a fait qu’accentuer les difficultés, amenant nombre d’animateurs et d’animatrices à manifester au cours de l’année 2020-2021, comme lors de la grève nationale et interprofessionnelle du 4 février 2021.

Quel monde d’après pour le périscolaire ? Dans les discours du gouvernement, pas un mot pour ces personnels, pourtant eux aussi en première ligne face au Covid-19. Ce silence est d’autant plus regrettable que le périscolaire est au cœur des enjeux de lutte contre les inégalités, notamment celle pour l’accès à la culture, au sport ou aux loisirs.

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