Qui est Amélie Oudéa-Castéra, la directrice générale du tennis français

Amélie Oudéa-Castéra.

Fédération en berne

Paris est une fête, Roland-Garros le sera aussi. C’est ce qu’a promis Amélie Oudéa-Castéra, au micro de RTL, le 18 mai. La 120édition des Internationaux de France de tennis, qui se déroulent jusqu’au 13 juin près de la porte d’Auteuil, à Paris, représente le premier défi de taille pour la directrice générale de la Fédération française de tennis (FFT).

Nommée en mars, elle compte aussi faire de Roland-Garros un lieu actif toute l’année et relancer la pratique du tennis chez les jeunes, de moins en moins adeptes de ce sport. Le nombre de licenciés est même passé sous la barre symbolique du million en 2018.

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Jeune espoir

« AOC » connaît bien Roland-Garros pour y avoir disputé une demi-finale juniors en 1993. L’année précédente, elle remporte l’Orange Bowl, le championnat du monde chez les jeunes, dans la catégorie des moins de 14 ans. Elle a tout de la future espoir du tennis français : chez les juniors, elle compte outre cette demi-finale à Roland Garros, une à l’US Open et à Wimbledon.

Mais elle choisit d’abandonner le tennis plutôt que de s’orienter vers une carrière de joueuse moyenne – elle a atteint au maximum le 251e rang au classement WTA. La jeune femme dispute son dernier match le 6 juin 1996 : une défaite en double au côté d’Amélie Mauresmo à Roland-Garros. Elle ne vivra sur ces courts qu’un couronnement par procuration, à la suite de la victoire de son compagnon de l’époque, le Brésilien Gustavo Kuerten, en 1997.

Reine du numérique

Fille de Richard Castéra, ex-directeur de Publicis et de la Croix-Rouge, et de Dominique Castéra, ex-DRH de Safran, la Parisienne se lance alors dans de brillantes études. Elle est admise au concours de Sciences Po Paris, avec 16,96 de moyenne. Elle enchaîne avec l’Essec, une maîtrise de droit, puis l’ENA. Au sein de la promotion Léopold Sédar Senghor, elle croise un certain Emmanuel Macron.

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Diplômée en 2004, elle débute comme auditrice financière à la Cour des comptes. Son parcours est repéré par Daniel Bouton, patron de la Société générale. Au sein de la banque française, elle rencontre son futur mari, Frédéric Oudéa, l’actuel directeur général de la SG. En 2008, elle rejoint Axa comme directrice marketing et digital. Dix ans plus tard, Carrefour la recrute, en tant que directrice de la transformation numérique.

Combattante pour le sport

Amélie Oudéa-Castéra a conservé son souhait de lier politique publique et sport. En 2016, elle crée l’association Rénovons le sport français. Au programme : nouvelles gouvernances dans les fédérations, plus de transparence et d’égalité, valorisation du sport à l’école. En 2017, « AOC » postule au poste de ministre des sports. La place ira finalement à l’escrimeuse Laura Flessel. L’ancienne joueuse de tennis a été sollicitée en 2018 pour diriger l’Agence nationale du sport, présidée à l’époque par Jean Castex, mais elle a décliné l’offre.

Elle s’est en revanche intéressée au poste de directeur général du conseil d’administration de Paris 2024, pour l’organisation des Jeux olympiques. Sans succès là encore. Il faudra finalement plusieurs appels de Gilles Moretton, président de la FFT, pour la convaincre de le rejoindre. Désormais, le tennis français compte à nouveau sur son ancienne espoir.

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