Qui est Hélène Geoffroy, l’unique rivale d’Olivier Faure à la tête du PS

Hélène Geoffroy, à Vaulx-en-Velin, en mars.

Unique opposante

Hélène Geoffroy, 51 ans, veut diriger le Parti socialiste (PS). Elle reproche à Olivier Faure, l’actuel patron, un « manque de démocratie interne », un « manque de travail et de réflexion idéologique » et une ligne politique peu claire qui le pousse à s’allier avec les écologistes avant de rompre brutalement les ponts. Hélène Geoffroy a le mérite de susciter le débat, mais ses chances sont aussi minces que son épaisseur médiatique. Comme le souligne Luc Carvounas, maire d’Alfortville : « Elle a du courage. »

Ex-« Mme Banlieue » de Valls

Députée depuis 2012, elle vote contre le projet de loi qui prévoit la déchéance de nationalité. Elle cite Aimé Césaire, le chantre de la négritude, devant les députés : « Je me suis appuyée sur Aimé Césaire pour clamer que la France a enfanté nos monstres et que ces monstres, nous devions les gérer, aussi condamnables soient-ils, plutôt que de les déchoir. » En 2016, elle devient la « Mme Banlieue » du gouvernement de Manuel Valls. La secrétaire d’Etat à la ville se fait remarquer par son sérieux et ses actions de terrain plutôt que par une quête effrénée des caméras.

Maire de Vaulx-en-Velin

Elle naît à Creil (Oise), vit en Guadeloupe entre 1975 et 1987, puis rejoint Paris, où elle décroche un doctorat en mécanique des solides et des structures au sein de l’Ecole polytechnique. Petite, elle rêvait d’être astronaute, mais c’est la politique et le PS qui l’ont propulsée conseillère municipale depuis 2001. En 2014, elle est enfin élue maire de Vaulx-en-Velin, bastion communiste depuis soixante-dix ans, où elle s’est installée pour être chargée de recherche à l’Ecole nationale des travaux publics de l’Etat.

Soupçonnée de macronisme

Le camp d’Olivier Faure la prend suffisamment au sérieux pour ne pas la ménager : « Mais c’est quoi sa ligne ? s’interroge Pierre Jouvet, porte-parole du PS. Un accord avec Emmanuel Macron ? » La direction la soupçonne de rouler pour le président depuis que la métropole lyonnaise est devenue l’un des berceaux de la Macronie. « Cela aurait été d’une aisance absolue de rejoindre LRM, rétorque-t-elle. Pourtant, je me suis toujours présentée comme candidate socialiste. Et j’ai voté pour Benoît Hamon au premier tour de la dernière présidentielle. »