Qui sont les 2000 médiateurs Covid chargés de veiller au respect des gestes barrières pendant l’été ?

FOCUS – Tests, vaccins et respect des gestes barrières… à l’aube des vacances d’été, le gouvernement a engagé une légion d’hommes et femmes, chargés d’arpenter plages et lieux de loisirs.

«Bonjour, merci de bien garder les distances sanitaires» ou encore «Souhaitez-vous vous faire vacciner?». Ainsi les vacanciers seront-ils accueillis par les 2000 médiateurs, engagés par le gouvernement à l’orée des vacances d’été. Face à une circulation grandissante du variant Delta et un possible relâchement des gestes barrières, le ministre de la Santé craint une reprise épidémique dès «la fin du mois de juillet». En effet, une fois la serviette de plage étalée et le maillot de bain enfilé, le Covid-19 ne pourrait paraître qu’un lointain souvenir. C’est contre ce délassement que le gouvernement a décidé d’envoyer sur les plages et lieux de loisirs des médiateurs de lutte anti-Covid, autrement appelés LAC. «On va s’appuyer sur des référents Covid, formés pour accompagner la population, a assuré Olivier Véran, le 19 juin dernier, dans le JDD. Ils seront présents absolument partout: sur les lieux de vacances, dans les campings, les colonies».

Ainsi, au nombre de 2000, ils vont côtoyer les vendeurs de glaces et boissons fraîches, serpentant autour des vacanciers, heureux de quitter la morosité urbaine et de prendre l’air. Mais quel va être leur rôle? Et comment sont-ils formés?

Prévention et vaccination

Dispersés sur le territoire par les différentes agences régionales de santé (ARS), ces médiateurs viennent «consolider» l’édifice maintenant connu de tous «Tester – alerter – protéger». Leur mission sera triple, assure au Figaro l’ARS Nouvelle-Aquitaine. La première sera de réaliser des tests salivaires et antigéniques «auprès de la population générale et de façon plus ciblée sur des clusters». En complément, ils seront mobilisés pour aider les équipes de l’Assurance maladie pour renforcer les enquêtes de contact tracing. Avec un taux d’incidence plus bas, il est plus facile de remonter jusqu’au patient zéro et de réduire plus rapidement les chaînes de contamination. Afin de limiter la propagation du virus, qui reste faible malgré quelques légers signes de reprise, les médiateurs anti-Covid auront charge de veiller au respect des gestes barrières et de rappeler leur importance.

Si le port du masque a été levé à l’extérieur sur l’ensemble du territoire, quelques municipalités telles que Le Touquet, Montpellier, Agde ou encore Béziers l’ont de nouveau rendu obligatoire dans certaines zones et jours de la semaine. Prudence reste donc de mise, a rappelé le secrétaire d’État au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, en visite dans les Bouches-du-Rhône, le 1er juillet. «On a souvent le réflexe de la crème solaire, il faut garder le réflexe des gestes barrières, a-t-il martelé. C’est très important.» Un effort collectif demandé aux Français sur lequel devront veiller les médiateurs LAC.

Mais ce n’est pas tout. Ils seront aussi en première position pour tenter de convaincre les Français encore réticents à se faire vacciner. Alors que la France semble avoir atteint un plafond de verre avec un ralentissement du nombre d’injections par jour, les autorités sanitaires appellent à motiver les indécis. Si pour l’instant l’obligation vaccinale pour la totalité de la population a été écartée plusieurs fois par le gouvernement, l’ordre est à convaincre au lieu de contraindre. Les médiateurs anti-Covid pourront donc inciter les vacanciers à se rendre dans les centres de vaccination et répondre à leurs interrogations. «Mais ils ne peuvent pas réaliser des injections, rappelle auprès du Figaro Florent Vallée, directeur adjoint des opérations Covid pour la Croix-Rouge, chargée de leur formation. Seul un membre du personnel médical peut le faire.»

Premiers secours et dépistage

Chaque médiateur a été recruté pour la durée de l’été via Pôle emploi par son agence régionale de santé la plus proche. Afin de maîtriser les gestes de premiers secours, ils ont été formés dès le mois de mars soit par la Croix-Rouge elle-même ou par un institut de soins infirmiers (IFSI). Au-delà du pratique, intervient ensuite le théorique sur les bienfaits et risques de la vaccination ainsi que les rouages de propagation du virus. Les cours ont été assurés, majoritairement à distance, par l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et les caisses primaires d’Assurance maladie (CPAM). «Ils ne sont pas là que pour convaincre mais surtout pour échanger, remettre la protection civile au cœur du débat», explique Florent Vallée.

Ces arpenteurs de plage et lieux touristiques le temps d’un été sont principalement des jeunes, avec au minimum un niveau post-bac, complète le directeur adjoint des opérations Covid pour la Croix-Rouge. Si leur mission est importante pour la saison, il y voit une occasion plus grande encore. Avec un taux de chômage élevé à 32%, selon les chiffres d’avril dernier, les jeunes ont particulièrement été touchés par la crise du Covid-19. Beaucoup ont perdu leur emploi, d’autres leurs perspectives de carrière. «On essaie de les motiver pour les rediriger vers un autre travail ou un autre emploi en interne». Certains ont même pu signer un CDD en tant que chef de projet pour la Croix-Rouge ou dans les centres de vaccination, se réjouit Florent Vallée. Contacté par Le Figaro, Pôle emploi n’a pas été en mesure de chiffrer le nombre d’emplois créés dans le cadre des médiateurs anti-Covid.