Raoul Sangla, figure historique de la télévision, est mort

Raoul Sangla, sur le tournage de l'émission « L'invité du dimanche », à la Fondation Maeght, le 26 juin 1969.

C’était l’une des dernières grandes figures historiques de la télévision. Aux côtés de ses petits camarades (Stellio Lorenzi, Jean-Christophe Averty, Marcel Bluwal, Claude Loursais et quelques autres), Raoul Sangla a donné ses lettres de noblesse et révolutionné « l’étrange lucarne » à grands coups d’intelligence renouvelée, une audace sans limites, un savoir-faire artisanal et quelques bouts de ficelle. Journaliste, scénariste, réalisateur, poète de la télévision pour beaucoup, militant communiste « sans illusions », il s’est toujours battu pour proposer et partager une télévision populaire et de qualité. Il est mort le 1er juin à l’âge de 90 ans.

Pourtant, rien ne prédestinait le jeune Raoul Sangla à devenir une référence de la télévision très respectée par ses pairs. Né à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) le 1er septembre 1930 dans une famille ouvrière et catholique, il exerça pendant quelques années le métier de plâtrier dans la lignée de son père, faute d’avoir obtenu son baccalauréat. C’est à cette époque qu’il commence à se politiser et adhère à la CGT. Au cours de ses années de lycée à Biarritz, il découvre la magie du cinéma grâce à son professeur de philosophie et vicaire, raconte Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement social et ouvrier.

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Sa voie est alors tracée. En 1956, il « monte à la capitale » et fait ses classes en tant qu’assistant réalisateur de Marcel Carné et Sacha Guitry, un poste qu’il obtient par l’intermédiaire du syndicat CGT du spectacle. Il fait ensuite ses débuts à la télévision en 1959 aux studios des Buttes-Chaumont, véritable ruche et ardent vivier de la création française, construits sur les hauteurs de Belleville, dans l’Est parisien. C’est dans ces studios que furent tournées en direct, jusque dans les années 1970, les grandes dramatiques de l’époque (Les Cinq Dernières Minutes, La caméra explore le temps…) et toutes les émissions de variétés comme « Les Raisins verts », de Jean-Christophe Averty, ou « Le Grand Echiquier », animé par Jacques Chancel.

Longs plans-séquences

Assistant du réalisateur Stellio Lorenzi jusqu’en 1960, Raoul Sangla devint réalisateur à partir de 1964 en se spécialisant dans la mise en scène de nombreuses émissions de divertissement. Il y révolutionna le genre. La plus fameuse étant « Discorama », une émission musicale et culturelle hebdomadaire (1959-1974) animée par Denise Glaser qui, pendant des années, reçut dans un décor minimaliste la nouvelle génération de chanteurs français (Maxime Le Forestier, Georges Moustaki, Barbara…) qui allaient devenir des vedettes.

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