Rassemblement à Paris des « marches des terres » contre l’urbanisation massive de l’Ile-de-France

Un envol d’oies, le long du Croult, à Gonesse, le 19 août 2021.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche 10 octobre devant l’Hôtel de ville de Paris pour dénoncer « l’urbanisation massive » de l’Ile-de-France, conclusion de plusieurs « marches des terres » parties la veille des quatre coins de la région.

« Sauvons Grignon du béton », « Plateau fertile, Saclay en péril » : les manifestants ont dénoncé la pression immobilière et les projets d’aménagement, comme le Grand Paris Express, qui grignotent des parcelles fertiles autour de la capitale, qu’ils considèrent indispensables à la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique.

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« L’idée, c’est de faire prendre conscience aux gens qu’il y a des terres à préserver pour l’écologie de l’Ile-de-France, a expliqué Claire Bertrand, agricultrice bio en Seine-et-Marne. Ces terres servent à nourrir la population de Paris. »

Au côté des nombreux collectifs organisateurs, quelques élus étaient présents, dont la députée Mathilde Panot (La France insoumise) ou l’élue régionale écologiste Ghislaine Senée. Cette dernière a déploré les « vœux pieux » de la majorité menée par Valérie Pécresse, qui souhaite instaurer la règle du « zéro artificialisation nette », et appelé à davantage utiliser les logements vacants et friches pour répondre à la pression immobilière.

Environ 1 500 hectares urbanisés chaque année

Samedi, les manifestants s’étaient élancés de quatre points de contestation pour rallier la capitale : Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), Val Bréon (Seine-et-Marne), plateau de Saclay (Essonne) et Thoiry (Yvelines). Les marches parties de Gonesse et du Val Bréon se sont rejointes samedi aux jardins d’Aubervilliers, menacés par un projet dans le cadre des Jeux olympiques de 2024 à Paris.

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« On veut garder nos terres nourricières », a expliqué samedi Catherine Caltaux, l’une des cyclistes venues du Val Bréon. « Ce sont des projets qui n’ont aucun sens », a renchéri Sarah Poisson, qui a grandi dans cette région agricole et regretté ces « villes déshéritées » marquées par des « étendues d’énormes entrepôts ».

Ces dernières années, environ 1 500 hectares de terres agricoles sont transformés chaque année en espaces urbains, estime la chambre d’agriculture d’Ile-de-France.

Le Monde avec AFP