Recyclage, destins hors norme, baguettes : nos replays du week-end

LA LISTE DE LA MATINALE

Ce week-end, nous vous proposons de découvrir deux portraits : l’un, déchirant, de l’écrivain israélien Amos Oz ; l’autre, passionnant, de la militante communiste et résistante Martha Desrumaux. Au programme également, un documentaire édifiant sur les failles du recyclage des déchets, mais aussi un petit bout d’histoire de Chine baguettes à la main.

Les grands mensonges du recyclage des déchets

Le documentaire de Paul Labrosse sur les grands mensonges du recyclage révèle des pratiques frauduleuses à tous les niveaux.

Alors que l’Union européenne s’était fixé en 2008 l’objectif de recycler 50 % de ses déchets, la France stagne à 42,9 %. Le journaliste Paul Labrosse a enquêté pour « Zone interdite » auprès des acteurs de la filière. Il en rapporte un documentaire édifiant, qui révèle des pratiques frauduleuses à tous les niveaux. A commencer par cet éboueur du 18e arrondissement de Paris qui, avec ses collègues, charge indifféremment poubelles vertes et jaunes dans la même benne, tout en assurant au journaliste qui l’aborde que la poubelle jaune qu’il tient d’une main… n’est pas jaune !

On peut également citer la décharge du Jas de Rhôdes (Bouches-du-Rhône), gérée par l’entreprise Suez, au nord de Marseille, où des matières recyclables (cartons, bois, plastiques…) et des produits dangereux (pneus, gaz, pare-chocs) sont présents – ce qui est interdit. Ou encore le centre de traitement d’emballages de Lorient (Morbihan), où un ex-cadre dirigeant d’un centre de tri privé livre anonymement l’essentiel : le manque de rentabilité du secteur pousse à envoyer directement à l’enfouissage ou à l’incinération deux voire trois camions sur dix, afin de dégager un minimum de marge. Ce qui explique que, en France, en moyenne 70 % des plastiques ne seraient jamais recyclés. Catherine Pacary

« Déchets : les grands mensonges du recyclage », documentaire de Paul Labrosse (France, 2021, 128 min). Disponible sur 6Play.fr.

Amos Oz, un portrait en pointillés

L’écrivain israélien Amos Oz, décédé en 2018, évoque dans ce documentaire la blessure profonde provoquée par la rupture avec sa fille cadette.

Déchirant. Ainsi serait-on tenté de qualifier le documentaire que Yair Qedar a consacré à l’écrivain israélien Amos Oz, mort en 2018. Mais est-ce exact de parler de documentaire ? C’est plutôt un portrait, plein de trous et de failles – parfois abyssaux –, même si les questions qui fâchent sont abordées.

Tout commence par sa voix, depuis ce que l’on imagine être la fenêtre de son appartement à Tel-Aviv où il était venu vivre sur le tard, après des années passées dans sa belle maison située dans le désert du Néguev. De là donc, sa voix, fatiguée sans aucun doute par la maladie et la douleur, mais précise et pressée de dire les choses. Il converse avec son amie et biographe Nurith Gertz. Parle de littérature – il n’en revient pas d’avoir autant écrit (nouvelles, romans, essais…). Mais aussi de la blessure profonde causée par la rupture avec sa fille cadette, Galia, qui, dans un ouvrage paru un an après la mort de son père et non traduit en français, lui reproche de l’avoir maltraitée.

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