Recyclage du plastique : les enzymes gloutonnes de Carbios prochainement au stade industriel

Première bouteilles obtenues à partir du recyclage enzymatique du consortium composé de Carbios, de L’Oréal, de Nestlé Waters, de PepsiCo et de Suntory Beverage & Food Europe, en juin 2021.

Une douzaine de bouteilles d’eau en plastique pour fabriquer une veste polaire : c’est aujourd’hui l’un des débouchés habituels du recyclage du polyéthylène téréphtalate (PET, une variété de plastique transparent). C’est aussi la fin du cycle, la polaire usagée étant destinée à la décharge ou à l’incinérateur. Mais, demain, avec une vieille polaire, on pourra de nouveau fabriquer douze bouteilles d’eau. Cette révolution – la possibilité d’un recyclage à l’infini du PET – est rendue possible grâce à un procédé enzymatique mis au point par la société Carbios. Demain, c’est très précisément en septembre. Carbios doit mettre en route un démonstrateur industriel sur le site d’une ancienne usine Michelin à Clermont-Ferrand. « Nous allons démontrer que notre technologie est capable de fonctionner à une échelle industrielle », se réjouit Martin Stephan, le directeur général délégué de Carbios.

Pour M. Stephan, le succès ne fait aucun doute. Fin juin, un consortium composé de Carbios, de L’Oréal, de Nestlé Waters, de PepsiCo et de Suntory Beverage & Food Europe a présenté les premières bouteilles de qualité alimentaire obtenues à partir du recyclage enzymatique. « Une première mondiale », s’est félicité le consortium. Jusqu’à présent, le PET recyclé est obtenu par le broyage des emballages et leur transformation en paillettes. Mais, selon Carbios, « du fait de la répétition des processus thermomécaniques conventionnels, le plastique utilisé pour les emballages se dégrade au fil du temps, et le maintien de la qualité exige la fabrication de nouveau plastique vierge issu du pétrole ».

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« Ce n’est pas vraiment du recyclage, mais plutôt une réutilisation de la matière, estime M. Stephan. Le recyclage enzymatique permet au contraire de déconstruire le PET et de retrouver les deux monomères de base, qui sont ensuite utilisés pour produire un nouveau PET. » L’avantage du procédé est double : d’abord retrouver un produit de qualité équivalente à celle du plastique vierge et, ensuite, de faire entrer le PET dans une logique d’économie circulaire et de couper le cordon avec le pétrole.

Les perspectives sont immenses

Il aura fallu dix ans à Carbios pour optimiser une enzyme qui participe dans la nature à la dégradation des plantes et pour élaborer son procédé industriel. Les choses vont maintenant s’accélérer. « Dès la mi-2022, nous serons en mesure d’accorder des licences aux producteurs de PET », explique M. Stephan.

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