Réforme des retraites : le grand flou du gouvernement

Jean Castex, lors des journées parlementaires du groupe La Republique en marche, à Angers, le 7 septembre.

Fin de partie ? Après avoir entretenu le flou ces dernières semaines sur le dossier des retraites, le premier ministre, Jean Castex, a douché les espoirs des partisans d’une réforme d’ici à la fin du quinquennat. Les conditions « ne sont toujours pas réunies » pour engager un tel projet, a-t-il affirmé, mercredi 8 septembre, à l’issue d’un séminaire gouvernemental. Le « processus ne pourra reprendre que lorsque la pandémie sera sous contrôle et lorsque la reprise économique sera suffisamment solide », a-t-il détaillé.

Deux conditions déjà mises en avant par Emmanuel Macron, le 12 juillet. « Je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée », avait affirmé le chef de l’Etat, lors d’une allocution, tout en expliquant avoir « demandé au gouvernement de Jean Castex de travailler avec les partenaires sociaux sur ce sujet dès la rentrée ». Mais le sommet social du 2 septembre, à Matignon, a confirmé les points de blocage avec les syndicats sur les retraites. De la CFDT à FO, en passant par la CGT, jusqu’au Medef, tous ont exclu une discussion sur les retraites avant la présidentielle d’avril 2022.

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Pour l’heure, le dossier est donc mis en sourdine et la porte serait bel et bien fermée. Jean Castex « a été clair », croit savoir une source au sein de l’exécutif. Dimanche 5 septembre, le quotidien Les Echos rapportait pourtant que le président de la République n’avait pas renoncé à lancer « la mère des réformes » avant l’élection présidentielle, en mettant notamment en œuvre la suppression des régimes spéciaux et le minimum de pension à 1 000 euros pour toute carrière complète au smic. « Les Français sont-ils prêts ? La question, c’est surtout de continuer à agir pour le pays », confirmait au Monde l’entourage du chef de l’Etat.

« Pas de rafistolage »

« On nous sort des petits bouts de réforme alors que ce gouvernement n’a pas arrêté de dire depuis le début qu’il ne voulait pas de rafistolage », s’est étonné mardi 7 septembre sur BFM-TV le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Le sujet des retraites « est bien trop sérieux » pour qu’on le prenne « par le petit bout de la lorgnette », s’est-il agacé. Tandis que, le même jour, dans un entretien au Monde, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, continuait de souffler le chaud et le froid. « La question des retraites n’a jamais quitté la table, il n’y a rien d’enterré », a-t-il d’abord fait valoir, avant de préciser toutefois qu’« il n’y a rien de décidé ». Emmanuel Macron restant vigilant à l’état d’ « unité du pays » sur ce sujet clivant.

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