Renouvellement des smartphones et déploiement des antennes : la 5G, une technologie au défi du climat

Plus de données, plus d’objets connectés, plus vite, partout… Pour certains défenseurs de l’environnement, la 5G est fondamentalement opposée à la « sobriété numérique » qui s’impose pour juguler l’explosion de la consommation d’équipements informatiques et de services en ligne. Les industriels défendent, au contraire, une technologie « verte » qui pourrait, selon eux, accompagner la transition environnementale. Qui croire ?

Plusieurs points font consensus dans ce débat. D’abord, une antenne 5G consomme de l’ordre de dix fois moins d’énergie pour transporter le même volume de données qu’un modèle 4G. Le nouveau réseau a, de surcroît, été pensé pour faciliter certaines économies d’énergie, par exemple en faisant passer en état de veille les antennes lorsqu’elles ne sont pas sollicitées.

« Gains réels »

Sauf que l’utilisation de données devrait, elle aussi, augmenter avec la généralisation de la 5G et les nouveaux usages qu’elle entraîne. Si bien que le futur réseau risque fort, finalement, de consommer plus d’électricité que l’ancien, selon un rapport du Haut Conseil pour le climat publié en décembre 2020. C’est ce qu’on appelle l’effet rebond. Le changement de réseau implique aussi de renouveler les smartphones pour passer à des modèles compatibles, et de déployer des antennes adaptées aux nouvelles fréquences, ce qui va augmenter l’empreinte carbone du numérique en France et ailleurs.

Mais une troisième dimension s’ajoute à ce débat : les futurs usages industriels de la 5G pourraient aussi permettre d’optimiser des pans entiers de l’économie, avec des conséquences positives sur l’environnement. « Il y aura des gains, certes difficiles à prédire, mais réels », estime le professeur David Gesbert, du centre de recherche en sciences du numérique Eurecom, à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes).

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« L’environnement est l’un des sujets sur lequel la 5G a le plus de potentialité », renchérit Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique. « Aujourd’hui, le fonctionnement global de notre économie est largement inefficient : on gaspille de l’essence, de l’électricité, des intrants agricoles… Pour réussir la transition écologique, nous allons avoir besoin d’innovation technique pour optimiser drastiquement notre utilisation des ressources. »

Le nouveau réseau mobile pourrait, selon lui, jouer un rôle prépondérant dans ce processus. « La 5G, c’est plus de connexions. Plus de connexions, c’est plus d’informations échangées. Et plus d’informations échangées, c’est plus d’efficacité, donc moins de gaspillage. C’est une loi immuable de la technique. La connexion permet de faire diminuer le gaspillage dans les transports ou l’industrie de l’ordre de 20 % à 30 %. C’est infiniment supérieur à l’augmentation de la consommation marginale des antennes. »

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