Réouverture des boîtes de nuit: les clubs veulent défendre leur spécificité

Une femme passe devant les portes closes du Rex le 2 juillet 2020 à Paris. Comme ce lieu culturel historique du centre de la capitale, la plupart des clubs de musique électronique ne rouvriront pas cet été.

Le gouvernement a choisi le jour de la Fête de la musique, au moment où Cerrone et Jean-Michel Jarre étaient invités à mixer dans les jardins de l’Elysée, pour annoncer que le monde de la nuit allait pouvoir rouvrir le 9 juillet. Cette date était attendue depuis longtemps par tout ce que la France compte de clubs, discothèques et boîtes de nuit. Après être restés clos pendant presque seize mois, ils seront donc les derniers à rouvrir, avec certaines restrictions.

L’annonce en a quand même pris de court certains, laissant à peine dix-huit jours entre l’annonce, faite le 21 juin, et la date du 9 juillet. Parmi ces derniers, les clubs de musique électronique, dont beaucoup ont fait le choix de rester fermés cet été, faute de temps pour monter une programmation, et préférant se projeter sur une réouverture à la rentrée.

C’est le cas du Rex, club historique du centre de Paris qui fut longtemps la base arrière du légendaire DJ français Laurent Garnier et un lieu de passage obligé pour les plus grands DJ internationaux. « La réouverture est une bonne nouvelle, mais elle arrive un peu brutalement pour les clubs de grandes villes comme nous », dit son gérant, Fabrice Gadeau :

« D’une part, l’été est une des pires périodes de fréquentation. De l’autre, on ne peut pas rouvrir du jour au lendemain. C’est là que l’on se rend compte que le gouvernement n’a pas conscience du côté artistique de nos établissements. »

Fabrice Gadeau pense que seuls « 10 % à 20 % » des établissements de nuit rouvriront dès le 9 juillet, surtout des discothèques traditionnelles de stations balnéaires, qui n’ont pas besoin de monter une programmation et peuvent profiter d’un espace extérieur. Pour le Rex comme pour d’autres clubs qui n’en ont pas, la jauge fixée à 75 % en intérieur jusqu’en septembre a été un argument dissuasif, tout comme l’obligation d’exiger un passe sanitaire. « L’acte d’aller dans un club reste impulsif. Ce n’est pas compatible avec le test PCR que l’on doit faire la veille ou le jour même », ajoute Fabrice Gadeau.

Lire l’analyse : Des fêtes condamnées à la clandestinité, faute d’alternatives légales et de propositions politiques

Une réouverture « par militantisme »

Sur l’île de Nantes (Loire-Atlantique), le Warehouse, immense structure pouvant accueillir près de 2 500 personnes, restera aussi fermé en juillet. Les dates annoncées pour la rentrée sont celles de 2020 qui avaient déjà été reportées. Les équipes tentent de boucler dans l’urgence une programmation qui se fait normalement en un an. « On est contents pour nos collègues des discothèques traditionnelles, qui vont pouvoir rouvrir, raconte Simon Boisson, gérant du club. Mais un établissement comme le nôtre, avec des grosses programmations artistiques, ne peut pas le faire en un claquement de doigts. »

Il vous reste 67.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.