Resto : Baby Love Burger, un amour de bun

Le Baby Love Burger, dans le 11e arrondissement de Paris.

Une femme donne de la purée à son bébé en croquant dans un burger. Deux étudiants s’assoient autour d’une table rouge moucheté. Une jeune fille vérifie la perfection de sa silhouette dans les miroirs qui se font face. Un grand gaillard lui demande son prénom, le note sur l’addition. Baby Love Burger est l’interprétation parisienne du burger joint (« bar à burgers »). Tout le monde passe et repasse dans ce lieu ouvert à tout vent, conçu et réalisé par un duo incontournable de la rue Saint-Maur, à Paris, dans le 11e arrondissement.

Camille Fourmont est à la tête de La Buvette, au numéro 67 de la rue. Elle s’est imposée il y a moins de dix ans comme la tôlière douce et raffinée du quartier, servant vins nature et assiettes bien senties derrière son comptoir. Jérémy Kanza, lui, a monté Balls vingt numéros plus loin, sur le même trottoir, quelques années après l’ouverture de La Buvette. Il y sert des variations infinies autour de la boulette de viande. En bons voisins, ils sympathisent sur le trottoir.

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Ils ouvrent aujourd’hui ensemble ce lieu consacré au plus français des sandwichs américains. Elle s’occupe de toute la direction artistique (l’ambiance du lieu et de l’assiette), lui des chiffres et de la vie au quotidien. Avant le service, il pianote souvent sur son Mac, assis à l’une des tables où bientôt les frites se répandront. Au-dessus de sa tête, les photos des burgers brillent de minimalisme. Les sandwichs sont à un, deux ou trois étages, avec ou sans bacon, avec ou sans fromage, avec ou sans pickles. La base.

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Ni surprise ni déception

Sur le plateau, la réalité est chaude, bien rebondie, enserrée dans une feuille de papier blanc légèrement ciré. Les frites, habillées de leur peau, sont dorées et croustillantes. Aucune surprise ni aucune déception. Le poulet frit tente de se camoufler en adoptant le ton sur ton avec le bun. La monochromie jaune-brun est brisée par les pickles de concombre dont le vert passé émerge des bords du sandwich.

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Trêve de contemplation, il est temps de croquer. Le potatoe bun est à la fois aéré et très présent, légèrement sucré par la fécule de pomme de terre qui lui donne toutes ces caractéristiques de bonhomie. Le croustillant du fried chicken est soutenu par la tendresse du pain. La sauce cocktail (mayonnaise maison + ketchup) est enrichie avec du paprika, de la Worcester sauce, une pointe de vinaigre balsamique blanc.

Le croustillant du fried chicken du Baby Love Burger.

Les graines de coriandre gorgées du vinaigre doux des pickles explosent parfois lorsqu’on croque dans le poulet. L’effet est surprenant avant d’être succulent. Cet ingrédient involontairement glissé là apporte une touche végétale dans un tableau strictement junk. La finesse existe aussi dans un plat aussi commun qu’un burger.

Tristesse, le cookie qui conclut le déjeuner n’est pas à la hauteur du reste. Trop cru à cœur, il en devient écœurant. Une gorgée de bière pils maturée quarante-cinq jours résout le problème. Malgré tout, on aurait préféré le sundae, dont la photo est extra-alléchante. Il n’est pas encore prêt. Tant pis, on reviendra.

L’adresse Baby Love Burger, 63, rue Saint-Maur, Paris 11e. Tél. : 09-87-19-28-08 Ouvert tous les jours de midi à 23 heures.

L’incontournable Le fried chicken.

Le détail qui n’en est pas un Le menu rétroéclairé, exécuté par le Studio Furious, dont les membres sont des passionnés de burgers.

L’addition Autour de 13 €.

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