Resto : Nosso, l’invitation au voyage

Le restaurant Nosso, à Paris.

Promenade Claude-Lévi-Strauss… L’adresse promet un voyage, une découverte, un périple ! Pourtant, une fois dans cette contre-allée des nouveaux quartiers du 13e arrondissement de Paris, l’aventure paraît introuvable. La norme semble être les déjeuners de collègues de bureau qui hésiteraient entre un restaurant à sushis gigantesque et une sandwicherie express.

Nosso ne dépare pas dans ce néoquartier. La façade lisse et la terrasse sur laquelle s’empilent tables et chaises annoncent un restaurant fermé. Erreur. Deux dames toutes joyeuses poussent la porte et entrent dans le nouveau restaurant d’Alessandra Montagne. Brésilienne d’origine, elle avait déjà ouvert, dans le même arrondissement, Tempero, une petite table qui faisait le régal des avertis. Toute son équipe l’a suivie pour monter ce lieu, bien plus vaste que le précédent. En hommage à ses collaborateurs, et comme pour appuyer ses prises de position contre la maltraitance dans la restauration, la cheffe a baptisé ce restaurant Nosso, « nous », dans sa langue natale.

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Effectivement, une fois la fameuse porte franchie, une équipe soudée et complémentaire accueille les clients. L’un nettoie la table qui sera dressée par une autre tandis qu’un troisième guide les hôtes vers le lieu de dégustation. C’est simple, tout est écrit sur l’ardoise, sans fioriture ni appellation compliquée.

Focaccia de carotte, poutargue et herbe sauvage

L’assiette est posée de la même façon. Une focaccia de carotte à la mie orange est dressée sur une assiette de céramique grise. Lamelles de poutargue et feuilles d’oxalis plantées dans une purée de carotte sculptent un drôle de chapeau à ce pain qui n’a rien d’italien. Ces bords dorés par le beurre roussi à la cuisson et le sucre de la carotte lui donnent le goût d’un gâteau qui aimerait porter un autre nom. Certes, l’amer de la poutargue et la malice de l’oxalis transforment cette mie enjôleuse en navire voguant vers des territoires inconnus.

Le risotto qui suit est lui aussi un mystère à découvrir. Les grains bruns du petit épeautre brillent d’une cuisson al dente. En leur centre, un médaillon d’aubergine rissolée insinue que l’émulsion qui couronne le plat est issue du même légume. Quelques dés blancs et violets complètent l’énigme. La brunoise d’oignons et de carottes sautées est le seul élément tangible du plat.

La focaccia à la carotte.

La première bouchée est pleine de questions. Une note de noix de coco s’échappe de l’émulsion crémeuse d’aubergine montée au lait. Le brie noir râpé la souligne. Une huile d’ail entraîne la composition vers la Méditerranée alors que le petit épeautre qui claque sous la dent rappelle la sécheresse du plateau de Sault, près du mont Ventoux.

Le clafoutis de mirabelles ramène vers des contrées plus campagnardes, où les jupes des grands-mères sentent à la fois le four chaud (la pâte du clafoutis), l’herbe jaunie par le soleil de fin d’été (la crème de reine-des-prés) et le fruit encore humide de la rosée matinale (la mirabelle). Le voyage est total.

L’adresse Nosso, 22, promenade Claude-Levi-Strauss, Paris 13e. Tél. : 01-40-01-95-17. Ouvert pour le déjeuner du lundi au vendredi de midi à 14 h 30 et pour le dîner du mercredi au vendredi de 19 h 30 à 22 heures.

L’incontournable La focaccia à la carotte.

Le détail qui n’en est pas un Grâce aux grandes verrières, la salle paraît lumineuse même lorsqu’il pleut.

L’addition Menu du midi : entre 27 € et 34 €. Menu dégustation : 65 €.

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