Retraites : les partenaires sociaux contre une réforme « prématurée »

La mise en garde a été quasi unanime. A l’occasion d’un temps d’échange avec Emmanuel Macron, mardi 6 juillet à l’Elysée, la plupart des leaders syndicaux et patronaux ont, de nouveau, exprimé leur opposition à une réforme des retraites avant l’élection présidentielle de 2022. Plusieurs dossiers – comme la vaccination des soignants, le plan de relance ou la conjoncture économique – figuraient au menu de cette rencontre, à laquelle ont également participé le chef du gouvernement, Jean Castex, la ministre du travail, Elisabeth Borne, et son collègue de l’économie, Bruno Le Maire. Mais l’avenir des régimes de pensions a capté une bonne partie des discussions, ce thème ayant été replacé au cœur des débats par le président de la République lors d’un déplacement dans le Sud-Ouest, début juin.

La réunion de mardi, qui a duré trois heures, n’a pas permis d’y voir plus clair sur les intentions de M. Macron, alors même que l’hypothèse d’un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans circule avec insistance depuis plusieurs semaines. En revanche, le message des syndicats a été net : non à un allongement de la durée des carrières professionnelles pour pouvoir percevoir sa pension.

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« Il n’y a pas de voie de passage pour une mesure purement paramétrique à l’automne », a martelé Laurent Berger dans la cour du palais de l’Elysée. Pour le secrétaire général de la CFDT, ce serait « une forme de folie » de lancer un tel chantier dans les mois à venir, en soulignant « un risque social et démocratique ». « Le vrai sujet [à l’heure actuelle] est de relancer, rassembler et d’accompagner les personnes les plus en difficulté », a-t-il ajouté. « Tout le monde a insisté sur les risques de tension sociale », a renchéri son homologue de la CGT, Philippe Martinez, en faisant valoir qu’à la rentrée, « on [aura] plutôt besoin de régler les questions d’emploi, de salaires ».

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez écoutant celui de la CFDT, Laurent Berger à leur sortie de l’Elysée, le 6 juillet.

« Il faudra faire une réforme »

« A l’applaudimètre, tout le monde lui dit (…) “pas maintenant” », a enchaîné Yves Veyrier, le numéro un de FO. Le président de la CFE-CGC, François Hommeril, a déploré, de son côté, que la retraite soit devenue « un sujet politique » : « Il est hors de question de se retrouver otages des différents éléments de campagne électorale », a-t-il tonné. Quant à Cyril Chabanier, le dirigeant de la CFTC, il a déclaré que « si demain, on va vers une réforme seulement financière mais qui oublie toute la partie justice [sociale], ça sera sans nous ».

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