Retraites : une réforme est incontournable, pour la Cour des comptes

En matière de retraites, il n’y a pas d’alternative : de nouveaux « efforts » devront être réalisés afin de ramener les finances du système à l’équilibre. C’est le message – dépourvu de surprise – que la Cour des comptes délivre dans une note de synthèse diffusée jeudi 21 octobre. Si plusieurs solutions existent pour serrer la vis, la haute juridiction s’attarde un peu plus sur l’hypothèse d’un recul de l’âge à partir duquel les assurés réclament le versement de leur pension. Cette piste – politiquement explosive – converge avec l’idée défendue par Emmanuel Macron qu’« il nous faudra travailler plus longtemps », sans que l’on sache encore clairement si le président de la République veut la mettre à exécution sous l’actuelle législature ou en faire un thème de la campagne présidentielle de 2022.

Le document diffusé jeudi fait partie d’une première série de « travaux » visant à présenter « les principaux défis auxquels seront confrontés les décideurs publics ». Les magistrats de la rue Cambon à Paris entendent participer à la réflexion collective sur des « enjeux structurels essentiels » : justice, universités, police, etc. « Nous sommes dans une période où les propos réducteurs, les annonces caricaturales, voire la désinformation prospèrent, explique Pierre Moscovici, le premier président de la Cour des comptes, dans un entretien au Parisien de jeudi. Dans ce contexte, le choix des citoyens a besoin d’être étayé par des éléments objectifs, chiffrés, établis par un tiers de confiance. »

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Bien qu’il ait connu cinq réformes d’ampleur depuis 1993, le système de retraites reste confronté à des problèmes de financement qui ont été « accentués » par la crise sanitaire : en 2020, le déficit a atteint « 13 milliards d’euros » (en tenant compte d’une dotation exceptionnelle de 5 milliards apportée par le Fonds de réserves au régime général) et il est susceptible, selon la Cour, de perdurer « au moins encore pendant dix ans » si aucune mesure d’ampleur n’est prise.

Pour combler le « trou », des ressources nouvelles pourraient être dégagées en augmentant les cotisations mais les auteurs de la synthèse considèrent que « les marges de manœuvre » sont restreintes, « la France [ayant] déjà le taux de prélèvement obligatoire le plus élevé de l’Union européenne ». Dans ce contexte, il est préférable – d’après la haute juridiction – d’agir sur les dépenses. De multiples leviers peuvent être actionnés : repousser « l’âge d’ouverture des droits » – c’est-à-dire l’âge auquel les individus peuvent demander le paiement de leur pension –, accroître la durée d’activité requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein, jouer sur les règles de calcul ou de revalorisation des sommes versées, etc.

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