Révélé par la série « The Wire », l’acteur américain Michael K. Williams est mort

Michael K. Williams à Miami, en Floride, le 31 mars 2021.

D’Omar Little, le loup solitaire qui braque les dealers, Barack Obama a dit lors d’un meeting électoral en 2008 qu’il était son personnage favori dans la meilleure des séries, The Wire (Sur écoute). Ce soir-là, dans la foule, Michael Kenneth Williams, l’interprète d’Omar Little, écoutait le futur président. The Wire venait de conclure son ultime saison et l’acteur, enfant d’une cité de Brooklyn, a ensuite trouvé dans d’autres personnages, le gangster Chalky White dans Boardwalk Empire, le père torturé de Lovecraft Country, des raisons de poursuivre son parcours. Celui-ci s’est arrêté lundi 6 septembre. Michael K. Williams a été trouvé mort par la police de New York dans son appartement de Brooklyn, il avait 54 ans. La cause de sa mort n’a pas encore été établie.

Michael K. Williams est né le 22 novembre 1966 d’une mère originaire des Bahamas et d’un père venu de Caroline du Sud. Il a grandi dans les Vanderveer Projects, une cité d’East Flatbush, quartier déshérité de Brooklyn, qui fut longtemps une plaque tournante du trafic de stupéfiants.

Une cicatrice au visage

Dans un portrait que le New York Times lui a consacré en 2014, l’acteur a raconté une enfance violente marquée par des abus sexuels et des agressions. Au sortir de l’adolescence, il se débat entre ses addictions et un début de casier judiciaire. Alors qu’il célèbre son 25e anniversaire, une bagarre au rasoir manque de lui coûter la vie et lui laisse une impressionnante cicatrice au visage.

Ce trait physique lui vaut d’être remarqué, d’abord par des chorégraphes qui lui donnent le rôle du voyou noir dans les troupes qui accompagnent George Michael ou Madonna en tournée. En 1996, Michael K. Williams décroche son premier rôle à l’écran dans Bullet, de Julien Temple, aux côtés de Tupac Shakur. Trois ans plus tard, il joue un dealer dans A tombeau ouvert, de Martin Scorsese, et décroche un petit rôle dans la série Les Sopranos.

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Il faut attendre 2002 et The Wire pour que le comédien donne toute sa mesure. David Simon et Ed Burns, les créateurs de la série, n’ont pas caché que c’est la cicatrice qui a d’abord retenu leur attention. C’est elle qui, avec le fusil à canon scié qu’arbore le truand, définit initialement Omar. Mais au fil des saisons, Michael K. Williams a enrichi son personnage de dissident de la pègre, ouvertement gay dans un milieu profondément conservateur, rebelle à toute autorité, au point de devenir une icône à part entière. L’acteur peine à se débarrasser de cette image et se débat de nouveau contre ses addictions, entre autres à la cocaïne, vivant entre la rue et l’hôtel. Il a raconté avoir été incapable de converser avec Barack Obama lorsqu’il a rencontré son admirateur.

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