Revolut, la néobanque qui valait 28 milliards d’euros

L’entreprise n’a que 6 ans d’âge, équilibre à peine ses comptes et vaut désormais un tiers de plus que la valorisation boursière de la Société générale. Revolut, une néobanque créée au Royaume-Uni en 2015, a annoncé, jeudi 15 juillet, avoir levé 800 millions de dollars supplémentaires (plus de 670 millions d’euros), ce qui la valorise à 33 milliards de dollars (28 milliards d’euros). En comparaison, la Société générale vaut en Bourse 21 milliards d’euros.

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Cette valorisation stratosphérique est six fois plus élevée que celle obtenue par Revolut en février 2020, lors de la précédente levée de fonds réalisée juste avant la pandémie. Depuis, le basculement vers le numérique s’est fortement accéléré, tandis que l’argent coule plus que jamais à flots dans les entreprises des nouvelles technologies.

Elle propose des comptes épargne, offre des services de courtage, des avances de quelques jours sur le versement de son salaire…

Comme beaucoup de ces sociétés de la « fintech » (« financial technology »), Revolut a débuté dans le transfert international d’argent, un secteur où les commissions étaient particulièrement élevées dans les banques traditionnelles. Ensuite, l’entreprise, qui n’a aucune agence et est essentiellement utilisée comme une application de téléphone portable, a progressivement étendu ses services, se rapprochant de plus en plus d’une banque, sans en avoir encore toutes les contraintes réglementaires.

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Elle propose des comptes épargne, offre des services de courtage, des avances de quelques jours sur le versement de son salaire… En Lituanie et en Pologne, elle a commencé à faire des prêts aux particuliers et des cartes de crédit. En France, elle est présente depuis 2017 et compte 1,5 million de clients. L’entreprise précise qu’on ne peut utiliser le terme de « néobanque » ni pour la France ni même pour le Royaume-Uni, où elle n’a pas de licence bancaire actuellement. Elle en possède une en Lituanie et en a fait une demande au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Acteurs incontournables de la finance

Comme toujours avec la valorisation des entreprises des nouvelles technologies, la question de la profitabilité semble presque secondaire. En 2020, Revolut a réalisé une perte opérationnelle de 200 millions de livres (235 millions d’euros). Elle assure néanmoins avoir fait de gros progrès, se rapprochant de l’équilibre au quatrième trimestre de 2020 et l’ayant atteint au premier trimestre de 2021. Mais ce qui intéresse les investisseurs est avant tout la croissance spectaculaire du groupe, qui est passé de 10 millions de clients en 2019 à 16 millions aujourd’hui.

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