Riad Sattouf : « Vincent Lacoste sera bien mon Antoine Doinel, mais en BD »

Vincent Lacoste et Riad Sattouf, à Paris, en 2021.

Dans Le Jeune Acteur, Riad Sattouf revient sur sa rencontre avec Vincent Lacoste, acteur principal de son premier film, Les Beaux Gosses (2009). Une relation quasi filiale lie le créateur de L’Arabe du futur (cinq tomes parus chez Allary depuis 2014) à celui qui est devenu, depuis, l’un des acteurs français les plus en vue.

Quand est née cette idée de raconter en bande dessinée la vie de Vincent Lacoste ?

Riad Sattouf : Tout de suite après l’avoir choisi pour Les Beaux Gosses. Le cinéma n’était pas un choix de sa part, il avait passé le casting pour faire comme ses copains. Ce début me plaisait beaucoup. Dans le cinéma, on rencontre plein de gens qui ont beaucoup d’ambition, et qui sont malheureux parce qu’ils n’ont pas réussi à obtenir les rôles qu’ils espéraient. J’aimais bien l’idée que Vincent sorte de nulle part et qu’il n’ait pas les mêmes désirs que les autres. Au fur et à mesure de son évolution, j’ai vu la réalité changer autour de lui, en raison de sa notoriété. Il y avait là quelque chose de magique. Je me suis dit que ce serait génial d’en faire un livre.

Vincent Lacoste, vous n’aviez pas aimé la façon dont vous étiez représenté dans « Les Beaux Gosses ». Pourquoi vous replonger dans cette époque ?

Vincent Lacoste : J’avais 14 ans quand le film a été tourné et, au départ, je n’avais pas compris de quoi il s’agissait. Je pensais que j’allais jouer un jeune collégien séducteur dont on narre les histoires d’amour ! Quand je me suis retrouvé aux essais de costumes, avec une espèce de vieux pull tacheté de boue et une coupe de cheveux ringarde, j’étais persuadé que ce film allait ruiner ma vie. Là, le projet est totalement différent. Je n’ai plus du tout le même rapport à la honte qu’à l’époque. Me replonger dans cette période est au contraire un plaisir. Je pensais toutefois que Riad ne ferait jamais ce livre : je ne suis pas Leonardo DiCaprio non plus.

R. S. : Je trouve intéressant de raconter comment des hasards peuvent parfois décider d’une vie. Cela m’est arrivé à titre personnel, comme je le relate dans L’Arabe du futur, quand ma grand-mère a trouvé qu’un des personnages que j’avais dessinés, enfant, ressemblait à Pompidou : l’admiration qu’elle avait pour moi m’a donné envie de devenir dessinateur. C’est aussi ce que j’adore dans l’histoire de Vincent, qui n’était d’ailleurs pas le meilleur de ceux que j’avais auditionnés. Il est désormais très demandé par les réalisateurs. Il est populaire mais pas ultra-méga-populaire. Il y a des gens qui ne le reconnaissent pas dans la rue. Cet entre-deux est passionnant à explorer.

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