Richard Branson tente dimanche son premier vol spatial avec Virgin Galactic

Richard Branson, fondateur de Virgin Galactic, lors du premier jour de cotation de l’entreprise à la Bourse de New York (NYSE), à New York, le 28 octobre 2019.

Il fut un temps simple et innocent où les milliardaires se contentaient d’avoir un yacht plus gros que les autres. Ils font désormais la course pour être le premier à partir dans l’espace. Dans la catégorie « ma fusée est plus grosse que la tienne », Richard Branson a décidé d’avancer la date de son envolée à la limite de la gravité terrestre afin de coiffer ses concurrents sur le poteau.

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Le milliardaire britannique doit décoller à bord de VSS Unity de Virgin Galactic ce dimanche 11 juillet à 15 heures, heure française, si la météo et les derniers réglages techniques le permettent. Le voyage ne durera qu’une heure. Après un décollage sous le ventre d’un avion porteur à partir du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, la navette sera lâchée à 15 000 mètres d’altitude. Elle accélérera à la verticale à plus de trois fois la vitesse du son, pour atteindre les limites de l’atmosphère terrestre, à la frontière de l’espace. Les passagers connaîtront « plusieurs minutes » proche d’une absence de gravité. La navette retournera ensuite sur Terre.

Un simple amateur

La date n’a pas été choisie au hasard. Le 7 juin, Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, avait annoncé qu’il allait partir vers l’espace à bord de Blue Origin le 20 juillet. Trois semaines plus tard, M. Branson annonçait la date de son propre projet. « Je sais que personne ne me croira, mais, honnêtement, il n’y a pas [de concurrence entre nous] », a-t-il rétorqué sans ciller sur NBC. Quant à Elon Musk, le fondateur de SpaceX, il n’a pour l’instant pas donné de date ni même annoncé clairement qu’il irait personnellement dans l’espace, même si sa société a déjà organisé des vols habités.

M. Branson espère pouvoir évaluer « l’expérience client », y compris le « confort des sièges » et « les vues sur la Terre offertes par le vaisseau spatial »

L’embarquement de M. Branson vers les limites de l’attraction terrestre ouvre la voie au tourisme dans l’espace. Si c’est le vingt-deuxième vol de Virgin Galactic, et le quatrième habité, c’est la première fois qu’un simple amateur monte ainsi à bord du vaisseau spatial. Jusqu’à présent, seuls les pilotes et l’équipage très entraîné de l’entreprise avaient tenté l’aventure.

M. Branson parle d’ailleurs de Virgin Galactic quasiment comme d’une compagnie aérienne. Il espère pouvoir évaluer « l’expérience client », y compris le « confort des sièges » et « les vues sur la Terre offertes par le vaisseau spatial ». Le 25 juin, l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) a fourni une licence à l’entreprise l’autorisant à transporter des clients. Des billets ont été mis en vente et six cents réservations ont déjà été prises, autant que l’ensemble des atronautes à être allés dans l’espace de toute l’histoire. Prix du voyage : autour de 250 000 dollars (environ 211 000 euros), avec les premiers départs en 2022, espère Virgin Galactic. Une paille par rapport aux tarifs de Blue Origin de M. Bezos, qui a vendu une place aux enchères pour le 20 juillet pour 28 millions de dollars.

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