Richard Donner, le réalisateur américain de « Superman », est mort

Richard Donner sur le tournage du film « The Toy », en 1982.

Il ne viendrait à personne l’idée de considérer Richard Donner, qui vient de mourir à Los Angeles (Californie), le 5 juillet, à l’âge de 91 ans, comme l’un des plus grands auteurs du cinéma américain de ces trente dernières années. Son nom au générique d’œuvres de pure confection était pourtant une garantie de savoir-faire et d’habileté technique. Sans doute n’a-t-il été, essentiellement, qu’un réalisateur au service des scénarios, voire des concepts qui engendrent les films à Hollywood (les buddy movies, le thriller paranoïaque, l’épouvante mystique, la fantaisie enfantine spielbergienne). Mais il a enchaîné les succès commerciaux durant plusieurs décennies et témoigné d’une parfaite capacité d’adaptation aux modes du moment, lorsqu’il ne les déterminait pas lui-même.

Il travaille pour le petit écran avec des metteurs en scène comme Sidney Lumet, Arthur Penn ou John Frankenheimer

Richard Donner est né à New York, le 24 avril 1930. Il suit des cours d’art dramatique et envisage une carrière d’acteur pour la télévision jusqu’à ce que le réalisateur Martin Ritt l’encourage à choisir la réalisation. Il travaille dès lors pour le petit écran, d’abord pour les productions de la Côte est des Etats-Unis, en compagnie de metteurs en scène comme Sidney Lumet, Arthur Penn ou John Frankenheimer. Il s’installe ensuite à Los Angeles en 1958 où il entame une carrière de réalisateur particulièrement prolifique en signant divers épisodes de séries comme Au nom de la loi, L’Homme à la carabine, Have Gun-Will Travel, Des agents très spéciaux, Les Mystères de l’Ouest, Cannon et d’autres.

Le réalisateur et producteur Richard, en juin 2017, à l’Académie des arts et des sciences du cinéma, à Beverly Hills, en Californie.

Un premier succès commercial avec « La Malédiction »

Il réalise un premier film pour le cinéma en 1961, X-15, sur les pionniers de l’aérospatiale avec Charles Bronson. Mais sa carrière pour le grand écran commence véritablement plus tard, en 1968, avec Salt and Pepper, comédie policière lounge mettant en vedette deux têtes d’affiche du Rat Pack (groupe de chanteurs et de comédiens menés par Frank Sinatra), Sammy Davis Jr. et Peter Lawford.

« L’Ange et le Démon » est un film particulièrement attachant mais impensable aujourd’hui dans l’époque post-#metoo

C’est le film suivant, en 1970, pourtant injustement méconnu, qui mériterait, s’il ne fallait garder qu’un titre de toute l’œuvre de Richard Donner, de retenir l’attention. L’Ange et le Démon raconte la liaison d’un quadragénaire, romancier américain à succès, et d’une lycéenne britannique de 16 ans. L’homme, c’est Charles Bronson, dans le rôle le plus inattendu de sa carrière ; la jeune fille, c’est la ravissante Susan George. Piquant, insolent, vachard, sarcastique, férocement mélancolique, le film est un hapax particulièrement attachant et, on peut légitimement s’interroger sur le fait que Richard Donner n’ait pas confirmé cette veine dans ses réalisations futures. C’est un film impensable aujourd’hui dans l’époque post-#metoo.

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