« Rien ne justifie le maintien des épreuves terminales des examens dans les lycées »

Tribune. Les premières épreuves terminales du baccalauréat 2021 et d’autres examens de cette session approchent à grands pas… et plus nous nous en approchons, plus s’éloigne la cohérence de leur maintien. Après deux années de formation fortement dégradées en raison de la succession aléatoire de périodes de confinement, de demi-jauge et de cours en distanciel, et alors que, pour beaucoup d’élèves, ces périodes ont aussi été ponctuées de drames et de convalescences liés à la maladie, le maintien de ces épreuves est incompréhensible.

Dans ces conditions d’apprentissage compliquées, parfois empêchées et à tout le moins inégales selon les régions et les établissements, et dans ce cas précis, les épreuves terminales ne peuvent maintenant garantir l’égalité de traitement des candidates et des candidats. Une situation qui s’aggrave encore, par un calendrier de fin d’année bousculé qui empêche une préparation normale des examens terminaux.

De plus, ce ne sont certainement pas les aménagements d’épreuves annoncés par le ministre de l’éducation nationale et, à sa suite, par le ministre de l’agriculture qui pourront répondre aux attentes des familles et des élèves, en matière d’équité de traitement et de lisibilité des conditions de délivrance des diplômes.

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Les nouvelles modalités de passage des examens et les nouveaux calculs de moyenne des épreuves ne sont ni compréhensibles ni justifiables. En effet, comment justifier la suppression pure et simple de certaines notes d’épreuves après que les équipes pédagogiques ont enseigné et préparé les élèves pendant deux ans à celles-ci, après que les candidats ont composé, que les jurys ont corrigé et délibéré ? Comment expliquer l’affectation à des disciplines d’une note issue d’une moyenne pondérée, elle-même issue de deux autres disciplines ?

Nous devons aussi nous interroger sur le choix de ces aménagements qui, pour les voies générale et technologique, semblent avoir fait l’objet d’une attention particulière du ministre de l’éducation, Jean-Michel Banquer. Car il n’aura échappé à personne que les aménagements pour la voie professionnelle (CAP et baccalauréats professionnels) se font à la marge. Pire : ils n’existent pas pour les brevets de technicien supérieur. Le ministère de l’agriculture se refuse même à octroyer une session de rattrapage dès juillet, considérant que ces étudiantes et étudiants peuvent bien attendre septembre.

Brassage des candidats

Le ministre de l’éducation chercherait-il, au travers du maintien de ces épreuves, à sauver sa réforme du baccalauréat et en particulier le « grand oral » ? Le maintien de cette épreuve, déjà fortement contestée, interroge plus particulièrement. Personne ne maîtrise son organisation, ni les critères exacts de son évaluation, encore très flous. C’est une première qui risque d’être socialement très inégale pour les élèves car, sans préparation suffisante, ce seront les candidats les plus avantagés socialement qui s’en sortiront le mieux. Il n’est donc pas possible d’être serein face à cette nouvelle épreuve.

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