Roselyne Bachelot : « Je suis là pour défendre la culture et gagner des arbitrages »

Roselyne Bachelot, au ministère de la culture, à Paris, le 3 septembre 2020.

Critiquée pour n’avoir pas su empêcher la fermeture des lieux culturels durant la crise sanitaire, la ministre de la culture défend les choix de l’exécutif et affiche sa confiance dans le retour à une activité normale. Mais elle se dit prête à batailler avec Bercy si de nouvelles aides s’avéraient nécessaires pour le secteur.

Quel premier bilan tirez-vous de la réouverture des lieux culturels le 19 mai ?

Cette réouverture est le fruit d’un travail forcené au ministère de la culture. Nous avons été à la manœuvre en multipliant les réunions avec les acteurs du spectacle vivant, du cinéma, des musées, des galeries d’art… Nous avons fait en sorte que cette réouverture se passe le mieux possible, malgré une situation fluctuante.

En décembre 2020, nous étions dans une situation dont on voyait les contours. Puis les variants sont arrivés et, à chaque fois, nous avons dû réajuster, repenser les concertations, avec des acteurs divers, qui n’étaient pas toujours d’accord entre eux. Il a fallu évaluer la situation sur le plan technique mais aussi psychologique, déterminer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Cela a été un travail considérable.

Ne pouvait-on pas rouvrir plus tôt ?

Il n’était pas possible de faire autrement. La pandémie a évolué de façon erratique. A Florence, les musées ont rouvert, les caméras se sont précipitées, on a sous-entendu que les Français étaient nuls mais, dix jours après, les Italiens ont refermé ! La situation était extrêmement instable. Cela n’a pas toujours été compris.

Les Français se précipitent-ils dans les lieux culturels ?

La réouverture a été un moment magique, émouvant. La première semaine, 2,3 millions de spectateurs sont allés au cinéma, ce qui représente 80 % des entrées de 2019, mais, avec une jauge de 35 % dans les salles ! La deuxième semaine, il y avait 1,3 million de spectateurs.

Les professionnels du cinéma sont confiants car l’offre va rester attractive tout l’été et il n’y a pas d’embouteillage pour le moment. Deux cents films sont programmés d’ici au mois d’août, contre 170 habituellement. Il s’agit d’en absorber deux de plus par semaine, ce qui n’est pas inenvisageable.

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Pour les spectacles vivants, les arts visuels, les musées… les structures qui ont rouvert ont atteint la jauge maximale partout.

Toutes les structures culturelles auront-elles rouvert le 9 juin, date à laquelle les jauges passent à 65 % dans les salles ?

Pas nécessairement. Quelques structures continuent d’être occupées, plus tellement,
par des intermittents ou pas exclusivement ; je pense à La Criée, à Marseille, par exemple.

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