Salaires 2021 : des augmentations, mais pas pour tout le monde

Si la courbe de croissance de l’économie française se redresse, au niveau des salaires, la relance attendra. Selon l’étude annuelle du cabinet de conseil en ressources humaines Mercer, qui confirme le constat d’autres cabinets de recrutement, le budget global des entreprises consacré aux augmentations salariales devrait atteindre un point bas en 2021.

A en croire son étude annuelle portant sur les négociations annuelles obligatoires (NAO), parue le 7 juillet, le volume des enveloppes d’augmentation du salaire de base déclaré par les entreprises interrogées s’établit à un niveau médian de 1,41 %. Soit un recul, attendu, par rapport à 2019 (il était alors de 2,2 %) et 2020 (2 %), alors que la crise n’avait pas encore eu le temps de faire sentir tous ses effets parmi les répondants.

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Au regard des précédentes études Mercer, il s’agit de l’estimation la plus basse depuis 2015, au moins. Cette étude se base sur un panel de répondants restreint : en moyenne, 49 directeurs des ressources humaines et responsables rémunération par mois ont répondu à cette enquête, réalisée entre octobre 2020 et mars 2021, sachant qu’une même entreprise pouvait répondre d’un mois sur l’autre.

Une augmentation inférieure à 2 %

Les répondants sont issus majoritairement de grands groupes, clients de Mercer. Mais ces résultats viennent confirmer les conclusions d’autres cabinets de conseil. Quelques
mois plus tôt, Deloitte prédisait que la hausse du budget prévu par les entreprises pour
augmenter les salaires serait, pour la première fois depuis plusieurs années, inférieure à 2 % . Et ce, pour les cadres comme pour les non-cadres. Une enveloppe bien maigre, donc.

D’autant que la hausse des prix à la consommation vient encore grignoter ce coup de pouce donné aux salaires. Si le taux d’inflation en 2020 était quasiment nul (0,5 %), en juin 2021, les prix à la consommation se sont déjà redressés de 1,5 % sur un an. « Pas aussi bas que ce à quoi on aurait pu s’attendre. » Toutefois, les experts de Mercer préfèrent voir le verre à moitié plein : « le budget médian (…) n’est toutefois pas aussi bas que ce à quoi on aurait pu s’attendre compte tenu de la violence et de la soudaineté de la crise », note l’étude.

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Seules 18,5 % des entreprises interrogées auront recours au gel des salaires. C’est « certes plus élevé qu’en 2019 (1 %) mais largement inférieur au gel observé à l’issue de la crise financière de 2008 (38 %) », fait valoir l’enquête. Et si certains salariés ne verront pas la couleur d’une augmentation, d’autres pourront profiter d’un coup de pouce plus substantiel. Seules 5 % des entreprises participant à l’étude de Mercer disent avoir octroyé une augmentation individuelle à l’ensemble des collaborateurs, contre 16 % en 2019. Dans les autres, seul un collaborateur sur deux (49 %) en moyenne se partagera le gâteau (contre 61 % en 2020 et 55 % en 2019). Un gâteau plus petit, mais des parts plus grosses.

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