Salariat : « C’est maintenant le contrat psychologique qui prévaut dans la relation professionnelle »

Tribune. La rentrée professionnelle s’amorce et, déjà, il est clair que plus rien ne sera comme avant la pandémie due au Covid-19. Un constat est que le « contrat psychologique » devient le nouveau moteur des relations au travail.

Ce n’est pas le grand soir annoncé du « monde d’après », mais une métamorphose du monde du travail est en cours. La question du télétravail est au centre de cette évolution, mais ce serait un tort de ne voir que cela, et de considérer qu’il n’y a que des problèmes d’organisation à résoudre. Une erreur de penser qu’une fois les nouveaux horaires établis, les alternances présentiel-distanciel adoptées, la mise à disposition du matériel faite, le retour au travail s’effectuera sans heurt.

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Certes, il est important de s’atteler très vite à ces questions, mais si les réponses apportées par l’aspect légal sont nécessaires, elles ne seront pas suffisantes longtemps. Pourquoi ? Parce que les salariés ont changé, profondément changé, et si une de leurs premières attentes porte effectivement sur une meilleure conciliation de leur vie privée et de leur vie professionnelle, il ne faut pas que cela cache leur véritable aspiration : celle à travailler autrement.

Cet « autrement » est un véritable changement de paradigme, en gestation depuis des années, mais qui éclôt véritablement à cette rentrée, avec cette reprise de l’activité que nous voulons pérenne.

Popularisé par Denise Rousseau

Quelles en sont les manifestations ? Un rejet du management par le contrôle, un souhait d’autonomie dans son organisation personnelle, une attente de développement professionnel, une aspiration à la réalisation de soi. Les études montrent que les salariés veulent mettre à profit ce qu’ils ont appris pendant les mois de télétravail forcé et que, forts de ces apprentissages, ils se sentent plus à même de dialoguer avec leur management.

Le contrat de travail ne suffit plus, dans le sens où il ne peut apporter de réponses à ces changements, ce qui laisse beaucoup de directeurs des ressources humaines (DRH) ou de manageurs désemparés, s’ils ne comprennent pas ce qui est à l’œuvre.

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Ils doivent intégrer que le contrat psychologique prévaut désormais dans la relation professionnelle. Qu’est-ce que le contrat psychologique et qu’apporte -t-il ?

Ce concept a été mis au jour dès les années 1960 par des chercheurs se penchant sur la relation de travail, mais c’est Denise Rousseau, professeure à l’université Carnegie Mellon (Pennsylvanie), qui l’a vraiment défini, analysé et popularisé. Son article « Psychological and Implied Contracts in Organizations » publié en 1989 est une véritable révolution dans la compréhension de la relation de travail.

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