Salon du livre à Douala, photographie et spectacle littéraire à Paris

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Qui a dit que la rentrée littéraire s’achevait avec la remise du Goncourt ? Cette semaine, on reste plongé dans les mots au Cameroun, où se tient la première édition du Salon du livre de Douala, et à Paris avec un spectacle adapté de l’œuvre de René Maran.

  • Première édition du Salido à Douala, du 9 au 11 novembre

Avec le festival Lire à Douala en février et les masterclass et autres manifestations littéraires organisées par La Fabrique de Souza au printemps, le Cameroun est déjà riche d’événements autour du livre. Cette année, il devra en compter un de plus avec la première édition du Salon du livre de Douala, le Salido, qui doit se tenir du 9 au 11 novembre à la salle des fêtes d’Akwa.

Présenté comme une « grand-messe littéraire et culturelle », le Salido entend redonner le goût de la lecture aux Camerounais, et plus particulièrement à la jeunesse, avec un programme de rencontres d’auteurs, de dédicaces et d’expositions, des activités pour les professionnels et les scolaires, ainsi qu’une scène BD.

Le Salido met aussi l’accent sur la création littéraire avec un concours d’écriture ouvert aux jeunes Camerounais, anglophones et francophones, de 18 à 35 ans.

Plus d’informations https://salidouala.com/

  • « L’Etrange Destin de Batouala », spectacle inspiré de l’œuvre de René Maran le 8 novembre à la Cité internationale des arts de Paris

En 1921, René Maran (1887-1960) recevait le prix Goncourt pour son roman Batouala (Albin Michel). Cette histoire d’un chef africain paisible, aux prises avec un rival sur le plan amoureux et avec l’administration coloniale, a surtout marqué l’histoire littéraire pour sa préface. L’ancien administrateur colonial en Afrique équatoriale française y dénonce en effet les abus de ses collègues et les méfaits de l’impérialisme. Le texte fera scandale.

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A l’occasion du centenaire du Goncourt attribué à René Maran, Batouala et d’autres ouvrages ont été réédités et un film produit : René Maran, le premier Goncourt noir de Fabrice Gardel et Mathieu Weschler. Plusieurs autres artistes s’en sont également inspirés. Parmi eux, l’écrivain congolais Caya Makhélé et le metteur en scène centrafricain Vincent Mambachaka (actuellement en résidence à la Cité internationale des arts à Paris) proposent également en partenariat avec le Théâtre de la Ville, L’Etrange Destin de Batouala, une lecture-spectacle adaptée du roman avec les actrices et acteurs Irène Bicep, Kudzo do Tobias, Cléo Konongo, Jhonel, Jean Lacroix Kamga, Jean-Marc Lucret, Cajou Mutombo, Freddy Mutombo, Odile Pedro Leal & Steve Mav.

A 19 heures. Plus d’informations https://www.citedesartsparis.net/

  • Samuel Fosso s’expose à la Maison européenne de la photographie à Paris

Exposition du photographe camerounais Samuel Fosso à Abidjan en 2014.

Il est l’un des photographes africains les plus côtés, plusieurs fois récompensé pour son travail au long cours d’autoportraits. Né en 1962 à Kumba, dans la région anglophone du Sud-Ouest, au Cameroun, Samuel Fosso a déjà un demi-siècle de création derrière lui et, pour la première fois, l’ensemble de ses séries photographiques est présenté en France : 300 et quelques tirages exposés à partir du 10 novembre et jusqu’au 13 mars à la Maison européenne de la photographie (MEP) à Paris.

Né d’un père camerounais et d’une mère nigériane, Samuel Fosso est touché très jeune par une maladie qui le paralyse. Puis sa vie est bouleversée par la guerre du Biafra et la mort de son grand-père, un chef de village et guérisseur. A 13 ans, il s’installe à Bangui chez son oncle et ouvre son studio de photo, le Studio National, qui promet de rendre le client « beau, chic, délicat et facile à reconnaître ». A côté de ce travail, il se crée une série d’avatars grâce auxquels il s’extrait de son corps, de l’espace et du temps, pour endosser d’autres vies, d’autres réalités que la sienne.

Pour Samuel Fosso, l’autoportrait n’est pas une affaire de narcissisme, mais la recherche d’un « nous ». Il s’est représenté en pape et en Mao ; en Angela Davis, en Malcom X ou encore en Patrice Lumumba, pour la série « African Spirits » ; et avant cela en golfeur pour la campagne publicitaire de la chaîne de magasins Tati – à laquelle Malick Sidibé et Seydou Keïta ont également participé. Le photographe, qui a fui la guerre civile en Centrafrique en 2014, vit désormais au Nigeria.

Informations pratiques https://www.mep-fr.org/