« Seinfeld », le « show sur rien », arrive sur Netflix

De gauche à droite : Michael Richards, Jerry Seinfeld, Julia Louis-Dreyfus et Jason Alexander, dans « Seinfeld ».

Deux ans après avoir annoncé l’acquisition de Seinfeld, les neuf saisons de la sitcom « sur rien », créée par le comédien de stand-up Jerry Seinfeld et son comparse Larry David (à qui l’on devra, quelques années plus tard, le formidable Larry et son nombril), sont désormais en ligne sur Netflix. Pour une fois tout le monde en profite en même temps : la série est accessible quelle que soit la région du globe d’où l’on « streame ».

Deux décennies après sa disparition des écrans français – elle était diffusée sur Canal Jimmy et Canal+, massacrée par un doublage français particulièrement raté –, cette série, qui n’aurait absolument aucune chance d’exister aujourd’hui, vient remplacer The Office ou encore Friends dans la catégorie des shows « patrimoniaux » disponibles sur la plate-forme. Encore disponible en France pour quelques mois, Friends ne l’est plus aux Etats-Unis depuis l’année dernière, et The Office a quitté Netflix à la fin de 2020.

Le montant de l’opération n’a pas été communiqué, mais il se compte probablement en centaines de millions de dollars. Depuis qu’elle en avait acquis les droits de diffusion (non exclusifs), Netflix n’avait cessé de voir le prix de Friends augmenter, passant de 30 millions à 100 millions de dollars (86 millions d’euros) par an, en 2018. Et quand NBCUniversal a voulu récupérer les droits de la sitcom The Office pour son propre service de streaming Peacock, elle a dû débourser pas moins d’un demi-milliard de dollars.

Logique du « vieux pot »

Corollaire de la multiplication des plates-formes sur le marché, le prix de ce type de série augmente un peu plus chaque année, et la compétition fait rage pour s’arracher les « valeurs sûres », capables d’attirer et de retenir une large base d’abonnés. Les mesures d’audience montrent que les vieilles séries sont les contenus les plus regardés, toutes plates-formes confondues. Champion toute catégorie : The Office, la série la plus « streamée » en 2020 selon les enquêtes du cabinet américain Nielsen. De quoi relativiser les satisfecit du codirecteur général de Netflix, Ted Sarandos, qui commentait, lors d’une conférence à Los Angeles, le 27 septembre, le temps de visionnage des contenus originaux développés par la plate-forme.

Chacun des 180 épisodes intercale scènes au « comedy club » – Jerry Seinfeld s’inspire de sa vie et de ses copains-boulets pour écrire ses sketchs – et scènes du quotidien

Seinfeld ne devrait pas échapper à la logique du « vieux pot », même si la série n’est pas forcément la plus facile d’accès pour un public habitué à La Casa de papel et à Stranger Things. Précurseur, au moment où les sitcoms mettent en scène des familles, ce show « à l’ancienne » (décors en carton-pâte et rires du public) filme, quelques années avant Friends, une bande de copains célibataires joyeusement névrosés, New-Yorkais pur jus, à une époque où habiter la Grosse Pomme ne nécessitait pas d’être millionnaire. Chacun des 180 épisodes (c’est aussi parce que produire des séries de cette longueur n’est plus possible aujourd’hui que les plates-formes se les arrachent) intercale scènes au « comedy club » – Jerry Seinfeld s’inspire de sa vie et de ses copains-boulets pour écrire ses sketchs – et scènes du quotidien.

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