Sélection albums : Bernard Foccroulle, Thomas de Pourquery- Supersonic, Stéphanie Blanchoud, James Blake, Pond, Amyl and The Sniffers

  • Bernard Foccroulle
    30 Years of New Organ Works (1991-2021)

Œuvres de Bernard Foccroulle, Thomas Lacôte, Betsy Jolas, Toshio Hosokawa, Jonathan Harvey et Pascal Dusapin par Sonia Wieder-Atherton (violoncelle), Yoann Tardivel (orgue) et Bernard Foccroulle (orgue).

Pochette de l'album « 30 Years of New Organ Works », de Bernard Foccroulle.

Directeur d’institutions lyriques, compositeur et interprète, Bernard Foccroulle est à l’image de son instrument, l’orgue : un « monstre » de musique aux multiples visages. Et le panorama qu’il propose pour résumer trois décennies de création n’est pas moins impressionnant. Chacune des sept pièces enregistrées ici (dont deux de son cru) démontre de manière magistrale que l’orgue est l’instrument de tous les possibles. Dans Musique d’autres jours, Betsy Jolas en fait même le partenaire idéal du violoncelle de Sonia Wieder-Atherton. Bernard Foccroulle utilise la même combinaison dans Elegy for Trisha, sans qu’on puisse toutefois parler de duo, le violoncelle traversant simplement l’espace cosmique de l’orgue comme une comète. Bien que le tuilage inspiré (Cloudscape) de Toshio Hosokawa, la frénésie tentaculaire (Fantasia) de Jonathan Harvey et le carillon ludique (Memory) de Pascal Dusapin ne manquent pas de séduction, c’est Thomas Lacôte qui laisse pantois avec The Fifth Hammer, une pièce à quatre mains (et à quatre pieds) dont le langage visionnaire porte la marque d’un grand compositeur. Pierre Gervasoni

1 CD Fuga Libera/Outhere Music.

  • Thomas de Pourquery – Supersonic
    Back To the Moon
Pochette de l’album « Back To the Moon », de Thomas de Pourquery - Supersonic.

Fondé en 2011, d’abord pour jouer la musique, parfois oubliée, du claviériste, compositeur et chef d’orchestre Sun Ra (1914-1993), le groupe Supersonic, mené par le saxophoniste et chanteur Thomas de Pourquery, a élargi son propos au cours des ans, avec ses propres compositions, parfois en référence à l’esprit cosmico-free-swing de leur inspirateur, mais surtout dans l’idée d’une fusion entre pop, improvisation venue du jazz, chanson, rock plutôt progressif. Voici Back To the Moon, nouvelle étape de ce voyage, qui, passé un court décollage (Take-Off), s’élance vers les espaces musicaux les plus variés. Joy, qui rappelle Coltrane autant que les Mothers de Zappa, Back To the Moon, qui rappelle des chants présents chez Sun Ra, plusieurs versions de Lullaby pour les vents (Pourquery à l’alto, Laurent Bardainne au ténor, Fabrice Martinez à la trompette), Venusian Boys avec ses sons de synthétiseurs façon antique jeu vidéo (Arnaud Roulin aux claviers), la chanson clairement pop avec Yes Yes Yes Yes… Plein de trouvailles, d’envies collectives. S. Si.

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