Sélection albums : David Grimal, Laurent Mignard Duke Orchestra, Bob Dylan…

  • David Grimal
    Chausson – Ravel – Enescu
    Ernest Chausson : Poème. Maurice Ravel : Tzigane. George Enescu : Caprice roumain. Les Dissonances, David Grimal (violon et direction).
Pochette de l’album « Chausson – Ravel – Enescu », par David Grimal et l’ensemble Les Dissonances.

Pour réussir l’hommage à Georges Enesco (né George Enescu en Moldavie en 1881, mort en 1955) auquel s’apparente ce programme à trois entrées concertantes, il faut une technique de baladin des extrêmes, une présence qui « en jette » parfois, avec le risque du cabotinage et une expérience de globe-trotteur qui ignore les frontières musicales. David Grimal réunit toutes ces qualités pour brûler les cordes, sinon les planches, dans un enregistrement en public de l’étourdissant Caprice roumain, d’Enesco. Il enflamme à sa manière deux des partitions favorites du virtuose : d’une part le Poème, d’Ernest Chausson, qui conjugue passion sous-jacente et diction élégante ; d’autre part le libre et spectaculaire Tzigane, de Maurice Ravel, qui s’achève dans l’ivresse collective. C’est toutefois dans la musique singulière d’Enesco, colorée par les souvenirs du folklore et profilée par la quête d’un inouï sans tabous, que David Grimal semble avoir véritablement trouvé une expression à la mesure de ce qu’il est. Pierre Gervasoni

1 CD La Dolce Volta.

  • Laurent Mignard Duke Orchestra
    Duke Ladies vol. 1
Pochette de l’album « Duke Ladies vol. 1 », du Laurent Mignard Duke Orchestra.

Près de vingt ans que le Duke Orchestra, mené par le trompettiste, compositeur et arrangeur Laurent Mignard, se consacre à la musique de Duke Ellington (1899-1974). Duke Ladies vol. 1, nouvel album du Duke Orchestra, rassemble des évocations des femmes dans l’œuvre du pianiste, compositeur et chef d’orchestre américain. Et y invite des instrumentistes (l’organiste Rhoda Scott, la violoniste Aurore Voilqué, l’harmoniciste Rachelle Plas) et des chanteuses (Roberta Gambarini, Sylvia Howard, Natalie Dessay, Nicolle Rochelle, Myra-Maud). La musique d’Ellington y est formidablement fêtée, par des retrouvailles avec quelques hymnes – Love You Madly, Cotton Tail, Satin Doll, Sophisticated Lady – et des extraits de plusieurs suites, un pan important mais moins connu du grand public. Ainsi T.G.T.T. venu du Second Sacred Concert, Balcony Serenade tiré de The Perfume Suite ou Le Sucrier Velours de The Queen’s Suite. Dans chaque note, chaque mouvement, l’orchestre est au plus exact et enjoué. Un deuxième volume est annoncé pour le printemps 2022. Sylvain Siclier

1 CD Juste une trace/Socadisc.

  • Pepper White
    The Lonely Tunes of Pepper White
Pochette de l’album « The Lonely Tunes of Pepper White », de Pepper White.

Programmé au récent festival I’m From Rennes (du 19 au 26 septembre), consacré à la scène musicale de la ville bretonne et ses environs, Thomas Dahyot, dit « Pepper White », venait tout juste de voir commercialisé son album The Lonely Tunes of Pepper White. Une réalisation soignée dans ses arrangements, qui mènent vers la pop, le folk ou le rock. Il y a par endroits dans la voix du musicien (chanteur, guitariste, claviériste et percussionniste) des traces du ton un peu traînant de Lou Reed, sans la théâtralité forcée de ce dernier, et surtout avec nettement plus de chaleur. L’on entend donc des clins d’œil au Velvet Underground dans sa part apaisée (Ok Alright, Needed to Cry et son tambourin), au glam rock de T. Rex (Rom Com avec le riff de Get It on), un rien des dérives de Syd Barrett et du premier Pink Floyd. Pepper White emprunte aussi à quelques compositions connues comme dans Still in Love With You proche du Fever, d’Otis Blackwell et Eddie Cooley, rendu célèbre par Peggy Lee, ou dans Lockdown avec le motif d’introduction du bijou pop qu’est Daydream, de Wallace Collection. Si tout cela dit une érudition, elle n’efface pas une identité. S. Si.

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