Sélection albums : Vivaldi et Reali, Adrien Chicot, Mastodon…

  • Antonio Vivaldi et Giovanni Reali
    Specchio Veneziano
    Sonate op.1 n° 1. Sonate pour violoncelle RV 40 (Largo). Sonate à deux violons RV 68 (Andante). Follia RV 63. Reali : Sinfonie I, II, IV, IX, X, XII. Bach : Concerto BWV 972 (Larghetto). Le Consort.
Pochette de l’album « Specchio Veneziano », consacré à Antonio Vivaldi et à Giovanni Reali par Le Consort.

Leur nom est une évidence. Cornaqué par le talentueux claveciniste Justin Taylor, Le Consort réunit un quatuor d’excellence, les violons sensuels et fruités de Sophie de Bardonnèche et Théotime Langlois de Swarte, le violoncelle tour à tour moelleux et vif d’Hanna Salzenstein. Le « miroir vénitien » (« specchio veneziano ») qu’ils tendent à Vivaldi (1678-1741) est de la plus belle eau. A quelques opus de jeunesse du « prêtre roux » , d’une inspiration déjà très libre et déliée, les musiciens placent en vis-à-vis ceux de Giovanni Reali (1681-1751), contemporain du premier à Venise, demeuré totalement inconnu. En exergue, deux magnifiques et exubérantes « Follia » : celle de Vivaldi rend hommage à Corelli quand Reali s’attache aux pas de son prestigieux homologue. Fluidité, élégance, brio, naturel guident l’art de nos quatre jeunes et ardents musiciens, donnant à cette musique une vie nouvelle, foisonnante et généreuse, et à l’auditeur, un moment rare de bonheur sonore et musical. Marie-Aude Roux

1 CD Alpha/Outhere Music.

  • Ensemble Sjaella
    Origins

    Œuvres de David Lang, Henry Lawes, Henry Purcell, Meredi, Robert Johnson, Eriks Esenvalds, Paola Prestini par l’ensemble Sjaella.
Pochette de l’album « Origins », de l’ensemble Sjaella.

Spiritualité jusqu’au mysticisme et sensualité jusqu’à l’érotisme. Ainsi pourrait-on résumer le contenu envoûtant de ce programme conçu sur le principe des cycles. Cycle des saisons pour Mère nature (entre autres, avec Purcell) et cycle menstruel pour mère tout court (suggéré par certains poèmes). Né d’un optimisme post-confinement Covid, ce disque est une authentique création dans laquelle les six chanteuses de l’ensemble Sjaella (Allemandes qui n’ont retenu que des textes anglais) ont mis tout leur être, musical et philosophique. Tant dans le remodelage de pièces baroques que dans des partitions écrites à leur intention telle l’hypnotique Evening Morning Day, de David Lang. Si l’esthétique minimaliste (candide à la manière de Meredith Monk avec la jeune Meredi ou planante avec le Letton Eriks Esenvalds) colle naturellement à leurs voix flûtées ou éthérées, d’autres orientations (par exemple, théâtrales) sont joliment investies par ce fascinant sextuor a cappella. Pierre Gervasoni

1 CD Fuga Libera/Outhere Music.

  • Adrien Chicot
    Babyland
Pochette de l’album « Babyland », d’Adrien Chicot.

Pour son quatrième album en leader, le pianiste Adrien Chicot a réuni une formation de fière allure : le trompettiste Julien Alour, avec qui il a déjà enregistré, tout comme le contrebassiste Sylvain Romano, le saxophoniste Ricardo Izquierdo et le batteur Antoine Paganotti. En huit compositions signées Chicot, le quintette s’inscrit plutôt dans le sillage du jazz des années 1960, cette période marquée par l’influence du quintette acoustique de Miles Davis et les évolutions de ses membres, Herbie Hancock et Wayne Shorter en tête. On ira aussi, par l’emploi ici et là du piano électrique, aux abords du début des années 1970 (Cala Carbo, avec en invité Christophe Dal Sasso à la flûte, The Rooster in the Hat Is Watching TV). Il y a ici une grande joie musicienne partagée, un son de groupe, dès l’entrée dans le thème Now !, une écriture et une interprétation très lisibles qui mènent l’auditeur vers de beaux plaisirs d’écoute. Sylvain Siclier

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