Sélection galerie : Angelica Mesiti chez Allen

Vue de l’exposition d’Angelica Mesiti, « Over The Air and Underground », à la galerie Allen, à Paris, le 3 septembre 2021.

Voilà bientôt deux ans que le temps s’est arrêté : Angelica Mesiti en a profité pour l’accélérer. De cette parenthèse collective est née une magnifique installation vidéo, une nature morte qui s’avère pleine de vie. Dans son atelier transformé en laboratoire de confinement, l’artiste a créé des arrangements de végétaux, qu’elle a soumis au vieillissement et filmés longuement. Tournant en suspens autour de ces pavots et fleurs de paradis, de corolles et frêles feuilles, l’œil assiste à leur déchéance. Les champignons surgissent, la moisissure tisse lentement sa toile. Le temps fait son œuvre, filmé dans ces tonalités ultraviolettes qui permettent aux abeilles de se repérer dans leurs butinements. De sourdes vibrations accompagnent l’expérience, polyphonie à 220 hertz censée évoquer la fréquence qu’utiliseraient les racines des arbres pour converser entre elles. Après avoir fièrement représenté son pays, l’Australie, à la dernière Biennale de Venise, l’artiste nous immisce ici dans un monde de communications secrètes. Les règnes sont abolis, tout autant que le temps.

Vue de l’exposition d’Angelica Mesiti, « Over The Air and Underground », à la galerie Allen, à Paris, le 3 septembre 2021.

« Over The Air and Underground », d’Angelica Mesiti. Galerie Allen, 59, rue de Dunkerque, Paris 9e. Jusqu’au 9 octobre