Sélection galeries : Luigi Critone chez Glénat et le nouveau réalisme chez Georges-Philippe & Nathalie Vallois

Luigi Critone à la Galerie Glénat

« Dessin d’affiche » (2021), de Luigi Critone. Aquarelle, 45 cm × 35 cm.

Luigi Critone est un artiste sous-coté. Formé à la Scuola internazionale di comics de Florence, où il a un temps enseigné, le dessinateur italien, 49 ans, est longtemps resté dans l’ombre. Son adaptation en bande dessinée (Delcourt, 2011-2016) du roman Je, François Villon (Julliard, 2006), de Jean Teulé, puis l’album Aldobrando (Casterman, 2020), sur un scénario de Gipi, l’ont peu à peu mis dans la lumière. A tel point que Dargaud lui a confié, en 2020, la reprise du « Scorpion », une série best-seller jusqu’ici signée par son compatriote Enrico Marini. « J’ai été surpris et flatté par cette proposition, mais aussi effrayé ! », explique l’auteur, qui vit depuis seize ans en France.

Le résultat est pourtant des plus réussis. Non seulement Luigi Critone a gardé l’esprit de la série historique, mais il lui donne un supplément d’élégance, avec son style tout en précision. La finesse de son trait, qui n’est pas sans rappeler les préraphaélites, impressionne, sur les planches exposées à la Galerie Glénat, ses premières réalisées en couleurs directes. « J’ai essayé de rester fidèle, tout en apportant ma patte. Même quand on reprend une série existante, il y a un espace de création », assure avec raison le dessinateur.

L’autre intérêt de l’exposition est de découvrir plusieurs réalisations personnelles de l’auteur, comme cette huile représentant le buste d’une élégante éclairé par des rayons de soleil filtrés par son chapeau. Ou cette aquarelle dévoilant un visage de femme chauffé par un feu de bois dans la nuit. Certes, on reste dans le figuratif. Mais c’est techniquement parfait, et c’est un ravissement pour les yeux. C. Pi.

« Luigi Critone, exposition rétrospective ». Galerie Glénat, 22, rue de Picardie, Paris 3e. Jusqu’au 31 juillet. Galerie-glenat.com

Le nouveau réalisme à la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois

« Avion » (1961), de Niki de Saint Phalle. Technique mixte, peinture, plâtre et objets. 130 cm × 195 cm × 20 cm.

L’expression est usée, mais elle a rarement été mieux justifiée : cette exposition de galerie est de qualité muséale et contribue à l’histoire de l’un des principaux mouvements de la seconde moitié du XXe siècle en France, le nouveau réalisme. Cette ambition est affichée dès l’entrée, puisque le regard s’y heurte à l’un des exemplaires du manifeste fondateur, le 27 octobre 1960, sur papier bleu Klein : « Les nouveaux réalistes ont pris conscience de leur singularité collective. Nouveau réalisme = nouvelles approches perceptives du réel. »

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