« Seule une réponse mondiale coordonnée pourra mettre fin à la pandémie de Covid-19 »

Alors que plus de 2,5 milliards de doses de vaccin ont déjà été administrées dans le monde, force est de constater que, pour ce qui est de l’accès à la vaccination, des inégalités criantes persistent : ainsi, au 26 juin, ce sont 49 % des habitants de l’Union européenne (UE) qui avaient reçu au moins une dose, contre 2 % de la population africaine seulement.

Lire aussi Covid-19 : faut-il libérer les brevets des vaccins pour en produire plus ?

Le Covid-19 a déjà tué 3,87 millions de personnes dans le monde, mais les conséquences de la pandémie ne se limitent pas au nombre de victimes : aggravation de la pauvreté, augmentation des violences, saturation des services de santé, freins à l’éducation…

Les pays à ressources limitées, qui savent déjà qu’ils auront, dans les prochaines années, à payer un lourd tribut consécutivement aux effets de la crise sanitaire, assistent aujourd’hui démunis à l’arrivée d’une troisième vague sans avoir les outils pour lutter efficacement contre le virus.

Emergence de variants

Pareille urgence a ainsi poussé une soixantaine de pays, dont l’Inde et l’Afrique du Sud, durement touchés par l’épidémie, à demander à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) une dérogation qui dispenserait les Etats de leur obligation en matière de propriété intellectuelle sur les outils de diagnostic, les traitements, les vaccins et les dispositifs médicaux indispensables à la lutte contre le Covid-19.

Cette dérogation est prévue par l’article 9 de l’accord de Marrakech, qui a fondé l’OMC. Une levée temporaire des brevets ainsi que des autres barrières juridiques relatives à la propriété intellectuelle serait dès lors conforme à l’application d’un droit prévu par le cadre international et légitimerait que les pays du Sud produisent et distribuent leurs propres vaccins et traitements.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Vaccins contre le Covid-19 : « La levée des brevets est le préalable à un régime de propriété intellectuelle plus solidaire »

Néanmoins, l’UE se refuse, encore aujourd’hui, à soutenir la levée des brevets dans les négociations à l’OMC, préférant le système des licences obligatoires. Le G7 privilégie les promesses de dons de doses, retardant toujours plus la mise en place de solutions additionnelles qui permettraient d’enrayer efficacement la propagation mondiale du virus, dans une logique d’opposition entre des moyens qui sont complémentaires (dons, exportations, levée des brevets…).*

La France, quant à elle, maintient une position ambiguë, entre les déclarations de soutien à la levée des brevets d’Emmanuel Macron et l’absence d’engagement ferme dans les instances européennes et internationales.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : « La levée des brevets sur les vaccins n’est  pas une posture, c’est la seule voie possible »

Seule une réponse mondiale coordonnée pourra mettre fin à la pandémie. La situation actuelle favorise l’émergence de variants, possiblement plus contagieux, plus mortels, voire résistants aux vaccins, retardant toujours plus une sortie de crise.

Il vous reste 57.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.