Ski : Tignes lance une saison sans certitude

A la fin du printemps, le ski de glacier ressemblait au rattrapage d’une saison évanouie pour cause de pandémie. L’ouverture, ce samedi 16 octobre, du glacier de Tignes a plutôt un goût de hors-d’œuvre : le gouvernement l’assure, l’ouverture des remontées mécaniques cet hiver ne fait aucun doute, même en cas de nouvelle vague de l’épidémie de Covid-19.

« Cet hiver, c’est ouvert ! », clament partout les professionnels de la montagne, que l’on découvre amateurs de paronomases. Ces prochaines semaines, les campagnes de communication vont se déployer sur les réseaux sociaux, les chaînes de télévision et dans les gares afin de ramener les Français dans les stations.

En 2020, ils n’avaient pas totalement déserté, notamment dans les « stations-villages ». Avec des chiffres de fréquentation honorables, les différents acteurs ont pu compenser en partie leurs pertes liées au premier confinement. Pour leur part, les grands hébergeurs, Pierre & Vacances ou le Club Med, ont eu bien plus de peine à relancer leur activité.

Le suspense est maintenu au moins jusqu’au prochain Conseil de défense, mercredi 20 octobre

A moins de deux mois de l’ouverture des principales stations, le secteur a peu de certitudes. Le secrétaire d’Etat chargé du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, a tenté d’en donner lors du congrès des Domaines skiables de France (DSF), le 30 septembre : « Le droit commun ne prévoit pas que le passe sanitaire soit demandé dans les remontées mécaniques. » C’est ainsi que se déroulera le ski de glacier à Tignes. Pour la suite, le suspense est maintenu au moins jusqu’au prochain Conseil de défense, mercredi 20 octobre.

Les acteurs en faveur du passe dans les remontées mécaniques estiment que cela rassurerait la clientèle et qu’un changement de règles en cours de saison enverrait un mauvais message. Les opposants, à l’inverse, estiment qu’une telle imposition au pied des pistes tournerait au casse-tête gourmand en ressources humaines.

En continuant d’hésiter, la France se distingue, alors que les tour-opérateurs commencent à commercialiser leurs séjours hivernaux. L’Autriche et l’Italie ont décidé le mois dernier d’imposer le passe sanitaire dans les stations, tandis que les autorités suisses semblent pencher en sa faveur mais n’ont pas encore tranché.

Le problème concerne davantage les clientèles étrangères

Au vrai, le passe sanitaire n’est pas, pour le public français des stations de sports d’hiver, une question majeure, avec des taux de vaccination très élevés chez les hauts revenus, qui constituent l’essentiel de la clientèle. Il devrait être de toute façon essentiel pour la vie dans les stations, le gouvernement semblant en effet décidé à maintenir le dispositif dans les bars et restaurants au-delà du 15 novembre.

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