SOS Maïa : « Comment remédier à une perte de libido à 50 ans ? »

SOS MAÏA

En théorie, la sexualité n’est plus taboue. En pratique, il y a des questions qu’on n’ose poser à personne… En tout cas, à personne qui puisse nous juger (les partenaires, les amis) ou nous reconnaître (les médecins, les psys). Certaines confessions sont des bouteilles à la mer, anonymes, qui sont presque des journaux intimes. Certaines interrogations, en revanche, pourraient concerner des millions de personnes et gagneraient à être discutées collectivement.

Depuis des années déjà, la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette (qui n’est pas sexologue, rappelons-le !) reçoit des centaines de messages. Elle y répond désormais une fois par mois, dans le cadre de sa chronique dominicale, avec sa proverbiale bonne humeur – et son obsession toute personnelle pour les ribambelles de statistiques.

A 50 ans tout rond, ma libido a totalement disparu. Même les films porno ne me font plus aucun effet. Je ne suis pourtant pas en dépression. Comment y remédier ?

Ah, voici venue l’andropause ! Entre 45 et 55 ans, de nombreux hommes affrontent un « déficit androgénique », caractérisé par un déclin de la production de testostérone – l’hormone-clé du désir sexuel. Les érections ne sont d’ailleurs pas seules au rang des dommages collatéraux liés à l’âge : diminution de la masse musculaire, perte de la pilosité, troubles de la concentration… La liste est longue.

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Inutile cependant de vous jeter par la fenêtre (de toute façon, il fait un temps de chien) : vous pouvez simplement en parler soit à votre généraliste, soit à votre andrologue ou urologue. Un supplément de testostérone pourra, éventuellement, vous être prescrit.

Pendant nos rapports sexuels, mon copain jouit moins des sensations physiques que des images pornographiques qu’il élabore dans sa tête. Depuis qu’il m’a avoué ne pas « être avec moi » quand on fait l’amour, je bloque.

A qui appartiennent nos pensées quand nous faisons l’amour ? S’il fallait être romantique, le moindre de nos neurones serait tourné vers notre partenaire. Mais s’il fallait être réaliste, on reconnaîtrait que notre circuit d’excitation résulte d’un apprentissage : geste après geste, fantasme après fantasme, image après image, nous conditionnons notre désir.

Les visionnages répétitifs de pornographie ne sont pas qu’un loisir : ils créent des automatismes. Or, cette information, pas grand monde ne nous la donne à 14 ans (ou 13, ou 12), quand les premiers contenus X nous tombent sous les yeux (et droit dans les synapses). Résultat : rares sont les amants ayant grandi depuis l’époque du porno télévisuel (Canal+ s’y met en 1985, un an après son lancement) dont le cerveau ne connaît aucun conditionnement pornographique.

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