SOS Maïa : « Mon partenaire refuse les préliminaires, que faire ? »

SOS MAÏA

En théorie, la sexualité n’est plus taboue. En pratique, il y a des questions qu’on n’ose poser à personne… En tout cas, à personne qui puisse nous juger (les partenaires, les amis) ou nous reconnaître (les médecins, les psys). Certaines confessions sont des bouteilles à la mer, anonymes, qui sont presque des journaux intimes. Certaines interrogations, en revanche, pourraient concerner des millions de personnes et gagneraient à être discutées collectivement. Depuis des années déjà, la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette (qui n’est pas sexologue, rappelons-le !) reçoit des centaines de messages. Elle y répond désormais une fois par mois, dans le cadre de sa chronique dominicale, avec sa proverbiale bonne humeur – et son obsession toute personnelle pour les ribambelles de statistiques.

L’idée que mon partenaire se masturbe quand je ne suis pas là me dérange énormément, que faire ?

Certains couples partagent leurs masturbations, d’autres préfèrent cloisonner. Les deux formules ont leurs avantages. Personne ne nous demande de choisir notre camp : des espaces de transparence et de jardin secret peuvent parfaitement cohabiter… à condition que nos partenaires se gardent de toute intrusion excessive. Ce qui nous amène à votre cas, chère lectrice.

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Dans votre e-mail, vous précisez ne concevoir aucune réprobation envers la masturbation : puisque le plaisir en lui-même ne vous pose pas de problème, le dérangement vient forcément du plaisir pris sans vous. Nous voici face à trois possibilités : ce qui vous est insupportable, c’est soit l’autonomie de votre partenaire, soit votre absence en elle-même, soit la présence d’un élément exogène (les pensées qui traversent l’esprit de votre partenaire, les gestes, sextoys ou supports fantasmatiques qu’il utilise).

Voyez-vous pointer à l’horizon un arsenal de diagnostics ? Bingo ! Volonté de contrôle et de possession, infantilisation du conjoint, peur de l’abandon, jalousie sans objet… Tout cela est très charmant (quand on est masochiste). Mais la psychiatrisation à outrance nous ferait perdre de vue votre question, somme toute très pratique : que faire ? Eh bien, on peut ressentir du dérangement sans le laisser dominer ni notre existence ni l’existence de nos proches. On peut être plus courageuse que nos émotions. Chère lectrice, laissez votre partenaire se masturber. Seul. Autant qu’il le désire, comme il le désire, en consultant les sites qui l’excitent, en recourant aux fantasmes qui le font jouir. C’est non seulement la seule solution raisonnable, mais aussi la meilleure – pour lui, et pour vous. Si vous ne pouvez pas chasser vos angoisses, affrontez-les. Et ne leur cédez rien.

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