Souscrire à une assurance-vie, est-ce toujours intéressant ?

« Seulement » 6,5 milliards d’euros de collecte nette en 2020 : touchée de plein fouet par les restrictions de la crise sanitaire, qui a éloigné les épargnants de leurs conseillers financiers, l’assurance-vie a connu en 2020 un de ses pires exercices depuis plusieurs années, puisque les épargnants en ont quasiment retiré autant d’argent qu’ils en ont investi.

La collecte « nette » correspond en effet à la différence entre les sommes placées (116 milliards d’euros en 2020, contre 144 milliards en 2019, selon la Fédération française de l’assurance) et celles qui ont été retirées, soit au travers de « rachats », soit à la suite du décès de l’assuré (122 milliards d’euros en 2019 et 2020).

Ce résultat n’est pas totalement étonnant, car l’assurance-vie a perdu depuis quelques années son principal pôle d’attractivité : ses fonds en euros garantis. Pendant trente ans, ce compartiment parfois qualifié de « magique » a permis de proposer aux épargnants une solution mêlant performance, sécurité et disponibilité. Ce n’est désormais plus le cas, puisque les fonds en euros ont fini par être rattrapés par la baisse des taux des marchés financiers, et leurs rendements n’ont cessé de diminuer, au point qu’ils ne parviennent quasiment plus à protéger contre l’inflation.

Prendre des risques

Ce n’est pas terminé : des groupes majeurs comme Generali annoncent d’ores et déjà une chute des revalorisations pour 2021 (le rendement d’une année est toujours connu au début de l’année suivante, après la clôture des comptes de l’assureur). Une chute qui pourrait être particulièrement brutale, puisque les dirigeants de Generali évoquent un taux possible de 0,5 %, mais qui pourrait ne pas être générale, puisque des sociétés comme la MACSF (Mutuelle d’assurance du corps sanitaire français) laissent espérer un maintien de la performance, voire une légère hausse du rendement.

Explication : la diminution des sommes qui lui ont été confiées lui a évité de mettre dans son fonds de nouvelles obligations (titres d’emprunts émis par les Etats et les entreprises, seuls à même de permettre aux assureurs de garantir la valeur des capitaux qu’ils font fructifier) peu rentables actuellement.

Ce n’est pas tout… Alors que ces fonds en euros obligent les assureurs à mobiliser d’importants capitaux propres pour disposer d’une « marge de solvabilité » suffisante, nombre d’entre eux ont choisi de fermer leurs portes aux épargnants désirant placer leurs avoirs en totalité sur ce compartiment sans risque.

De très nombreuses sociétés conditionnent désormais l’accès à ce fonds garanti à l’obligation de consacrer une part sensible des versements dans des supports « en unités de compte ». Ces placements, en prise directe avec les marchés financiers ou immobiliers, ne font bénéficier d’aucune protection, mais ils sont moins exigeants en fonds propres pour les compagnies d’assurances.

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