Spéculation sur l’avenir de Stéphane Richard à la tête d’Orange

Stéphane Richard, PDG de l’opérateur de téléphonie mobile Orange, à Paris, le 13 février 2020.

Orange a inauguré, mercredi 29 septembre, son nouveau siège social, Bridge, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Mais l’avenir immédiat du premier opérateur français ne se joue pas dans ces locaux flambant neufs. Il faut plutôt guetter à quelques kilomètres de là, sur l’île de la Cité, le jugement que la cour d’appel de Paris devait rendre, mercredi 6 octobre, dans l’affaire Crédit Lyonnais-Tapie. Après le décès de l’homme d’affaires, dimanche 3 octobre, la présidente de la cour d’appel devrait annoncer mercredi « la réouverture des débats » avant de renvoyer la décision « à bref délai ».

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Cette décision aura, par ricochet, des conséquences directes sur la gouvernance du groupe. Président-directeur général (PDG) d’Orange depuis février 2011, Stéphane Richard est jugé pour la deuxième fois dans ce dossier pour « complicité de détournement de fonds publics ».

L’affaire remonte à 2008, époque où l’énarque était encore directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère de l’économie et des finances. Stéphane Richard a été relaxé en première instance, en juillet 2019, mais le ministère public a requis en appel, en juin, une peine de trois ans de prison à son encontre, dont deux avec sursis, et 100 000 euros d’amende. Plutôt que de subir les événements, le patron d’Orange s’est efforcé de reprendre l’initiative.

« C’est très maladroit »

Anticipant la fin de son troisième mandat à la tête du groupe, en mai 2022, il a annoncé dans un entretien au Journal du dimanche, le 11 septembre, qu’il ne sera pas candidat à un quatrième bail… Mais qu’il se verrait bien rester en tant que simple président du groupe, laissant une autre personnalité, qui reste à définir, occuper le poste de directeur général. Une manœuvre pour tenter de garder la main.

« C’est très maladroit, estime Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC d’Orange. Cela donne l’impression qu’il s’accroche à son poste, cela crée une forme d’instabilité et cela avive une espèce de guerre de succession. » Pour l’instant, ni le gouvernement ni l’Agence des participations de l’Etat ne veulent se prononcer sur son maintien ou son éventuelle succession.

La décision du tribunal devrait en partie éclaircir le sujet : la ligne édictée par Bruno Le Maire en 2018, et qui est toujours d’actualité, est qu’une condamnation, quelle qu’elle soit, l’obligerait à démissionner. En cas de relaxe, plusieurs proches pensent qu’il parviendrait à se maintenir comme président non exécutif, même si Emmanuel Macron n’en a pas « une grande envie », concède un visiteur de l’Elysée. En 2018, le président de la République avait failli le lâcher au moment de sa candidature pour un troisième mandat.

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