« Stallone rêve de mourir en vedette. Moi pas » : les questions existentielles de Jean-Claude Van Damme

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Publié aujourd’hui à 16h15

Jean-Claude Van Damme, chez lui, en Californie, en 2017.

Bonnet orange sur la tête et survêtement noir tous deux siglés « JCVD », l’un des bagarreurs les plus célèbres de la planète est accoudé à la balustrade de sa terrasse à La Réserve, le regard perdu dans les eaux du lac qui borde cet hôtel très chic de Knokke-le-Zoute. Lola, le doberman nain, grogne sur le lit défait. Dans un coin de la chambre, un vélo elliptique, dans l’autre, une planche de musculation.

La fenêtre est grande ouverte malgré le temps gris et le vent qui, ce jour-là, balaie la station balnéaire belge, refuge des retraités aisés, des golfeurs, des joueurs de casino et des nouveaux riches qui y exhibent leurs berlines. La place centrale de la ville est connue des Belges comme la place « M’as-tu-vu ».

Si Jean-Claude Van Damme est ici, comme deux ou trois fois par an, c’est pour faire un peu de promo, mais c’est surtout, dit-il, pour se rapprocher de ses parents et de sa famille, les Van Varenberg. Van Damme, son pseudo, était le nom d’un chocolatier qui lui a donné un coup de pouce lorsqu’il n’était qu’un jeune anonyme de Berchem-Sainte-Agathe – une des municipalités de la région de Bruxelles – tenté par Hollywood.

Loin des clichés

« Un mot sur le dernier de vos 78 films, M. Van Damme. Le Dernier Mercenaire, réalisé par David Charhon, diffusé sur Netflix le 30 juillet, c’est le temps de vos retrouvailles avec la France et l’Europe ? » Avec JCVD, 60 ans, pas moyen d’appliquer les techniques habituelles de l’interview. Il faut suivre, sans trop intervenir, les méandres de la pensée, les mots qui s’entrechoquent, les attitudes. En renonçant à toute logique ? Peut-être.

Mais quatre-vingts minutes en tête à tête avec l’intéressé sur un balcon font oublier quelques clichés qu’il a lui-même contribué à forger. Il pense parfois avec bon sens, parfois avec des fulgurances qui vous égarent. Mais son enthousiasme, qui peut virer à l’exaltation, ne fait pas oublier que ce type est surtout spontané, chaleureux. De ce Dernier Mercenaire, une comédie qui voit une ancienne gloire des services secrets revenir en France pour sauver son fils – qu’il ne connaît pas – des griffes de la bureaucratie et de la mafia, il ne dira pas grand-chose. Sauf son plaisir d’y avoir croisé Miou-Miou. « Ah, Les Valseuses, j’étais un peu amoureux d’elle… »

« Regarde-toi toujours dans un miroir avant d’ouvrir ton coffre-fort », raconte Jean-Claude Van Damme

Ramené sur les rails de l’entretien après pas mal de détours, il résume les trois phases de sa vie (jeunesse, vedettariat, sagesse) en parlant du « petit freluquet » qu’il était quand il pratiquait la danse classique, avant de s’orienter vers le karaté pour s’affirmer. « Petit freluquet » : l’expression, désuète, prouve que, contrairement à ce qu’il affirme souvent, il n’a pas perdu la maîtrise de sa langue maternelle, le français.

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