Stimulé par l’épidémie de Covid-19, l’enseignement en famille fait des petits

Ecole à domicile à Gardouch (Haute-Garonne), le 6 septembre 2021.

Dans une maison isolée du Lauragais qui donne sur un champ de tournesols et sur les rives du canal du Midi, à trente minutes de Toulouse, c’est jour de rentrée ce lundi 6 septembre. Ou plutôt de « non-rentrée ». Sur la table de la terrasse du jardin, Azaël (4 ans) et Anouck (8 ans), découvrent leur emploi du temps. Mais pour eux, cette année, pas de ­cartable ni de salle de classe à l’école du village. Pas de cantine non plus, pas de jeux bruyants avec leurs camarades pendant la récré.

Chez Camille Percie du Sert et Clément Crémoux, on pratique l’école à la maison, ou l’instruction en famille (IEF), depuis longtemps. Papa, ingénieur dans l’aéronautique, et maman, ancienne prof de biologie reconvertie ostéopathe, sont donc aussi les enseignants. « Un choix d’éducation et de mode de vie que la crise du Covid-19 a confortés, affirme Camille, 37 ans. En 2020, Anouck était à l’école, elle disait ne pas connaître sa maîtresse à cause du masque, elle avait les mains attaquées par le gel, c’était l’enfer pour gérer la cantine. »

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Non vacciné, le couple compte sur un réseau d’amis, qui pratiquent eux aussi l’IEF, pour organiser des sorties ou des activités, et « pour que les enfants voient bien évidemment d’autres gamins de leur âge ». Trois jours plus tôt, lors d’un pique-nique organisé à la base verte de La Ramée, aux portes de Toulouse, elles étaient effectivement plus d’une trentaine de familles à venir fêter et préparer cette « non-rentrée ». Des « anciens », rompus à l’organisation de début d’année, et beaucoup de nouveaux, venus pour se renseigner, la plupart à cause de la pandémie. Ou d’autres, qui ­voudraient suivre cette « autre façon » d’enseigner, après en avoir découvert les ­ « ­vertus », justement au printemps 2020.

Pique-nique des familles qui mettent en place la scolarisation à domicile, à la base de loisirs de La Ramée, à Tournefeuille (Haute-Garonne), le 2 septembre 2021.

« Le confinement a obligé certaines familles à s’occuper davantage des enfants, à se rapprocher d’eux et à réapprendre à leur apprendre », constate Verlaine Lévy, de l’association NonSc’Ô Toulouse, du réseau IEF, qui organise la rencontre. « Depuis la pandémie, on a enregistré une hausse des demandes d’environ 80 % cette année. Des gens nous appellent parce que les enfants sont en dépression ou ne se sentent pas écoutés au sein de l’école », ajoute cet ingénieur du son. Environ 150 familles sont adhérentes à l’association, « de tous horizons, de tous milieux. Nous sommes là pour accueillir, créer du lien, proposer des activités et pour répondre avant tout au mal-être des enfants ».

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